Tourisme participatif : quand l’habitant accueille le visiteur
par Annabelle Bouard | 20.12.09

Le tourisme participatif se développe. Il consiste à faire appel à de simples habitants, changés en guides le temps d’une balade à la découverte de leur ville, voire en hôtes sur un court séjour. Il est fondé sur deux préalables : le bénévolat et la gratuité.
Rien de tel que découvrir un lieu aux côtés d’un autochtone. Il connaît mieux que quiconque les pièges à touristes, les « bons plans » ou les nouveautés du quartier probablement absentes de la plupart des guides touristiques. Ou qui sait tout simplement personnaliser une visite selon vos goûts. C’est ce qui rend irremplaçable un séjour chez un ami établi ailleurs, et bien plus mémorable que la plupart des périples seulement basés sur des guides touristiques, si bien conçus soient-ils.
Des guides bénévoles souvent inégalables
C’est pour fournir ce contact local irremplaçable que se sont développés les réseaux de « guides habitants », « révélateurs de quartier », ou « greeters », basés sur le bénévolat. Il s’agit donc de services gratuits (ce qui n’exclut pas les dons aux associations au sein desquelles les volontaires s’organisent). Ils s’appuient simplement sur le sens de l’accueil du bénévole, sa connaissance personnelle de sa ville ou de sa région, et son désir de la faire connaître. Chaque visite est, forcément, unique.
Les « greeters » s’organisent un peu partout
Si le terme anglais de « greeter », qui signifie « personne qui accueille » reste le plus employé, y compris par les francophones, c’est certainement par effet boule de neige : depuis la création, en 1992, de l’association Big Apple Greeter à New York, des associations locales similaires se sont multipliées. On en trouve par exemple à Chicago, à Houston au Texas, dans le Kent en Angleterre, ou encore à Buenos Aires en Argentine.
Certaines associations, comme celle de Chicago, sont adossées à un office du tourisme local ; d’autres, comme à Paris ou à Lyon, pour ne citer qu’elles, font partie d’un réseau mondial de greeters, présent dans une quinzaine de villes et une demi-douzaine de pays. Dans l’Hexagone, on trouve également des greeters à Marseille, à Nantes, ou encore dans le Pas de Calais.
Un levier pour certains quartiers populaires
Grâce à ces guides uniques en leur genre, les visiteurs vont peut-être découvrir l’âme de quartiers populaires qu’ils n’auraient pas eu l’idée de visiter. Pour les quartiers des bénévoles les accueillant, c’est aussi l’occasion de stimuler un développement économique et culturel. C’était d’ailleurs dans cet esprit qu’a été créée l’association « Ça se visite ! », plus proche du tourisme traditionnel puisqu’elle organise des balades à la découverte de quartiers populaires de Paris et de la banlieue proche de la capitale, au travers de services payants et selon un programme préétabli.
Se faire héberger chez l’habitant
On connait l’échange de maison ou d’appartement (« home swapping » ou « home exchange », sur les sites anglophones centralisant ce type d’annonce). Ce principe, qui s’est développé ces dernières années, consiste à échanger sa résidence, généralement sa résidence principale, avec celle d’une autre personne située dans le lieu de villégiature choisi. Les avantages financiers sont évidents, mais cela reste relativement difficile à organiser, ne serait-ce que pour trouver l’échange qui convient aux deux parties et pour s’entendre sur les dates.
Un canapé-lit disponible ?
Une autre formule à coût quasi-nul, car aussi basé sur le volontariat, est celle de l’accueil gratuit chez l’habitant. Là aussi, des réseaux communautaires se créent. L’Hospitality Club ou l’organisme Couch Surfing (« couch » signifie « canapé » en anglais) mettent en relation ceux qui cherchent une solution d’hébergement et ceux qui proposent leur toit. Les membres du réseau contactent leurs homologues dans la région qui les intéresse, et en cas d’entente, y seront hébergés à titre gracieux. Les hébergeurs volontaires ne sont nullement tenus d’accepter toutes les demandes d’accueil : tout se fait au cas par cas, en dialoguant. L’attrait de ce type d’accueil tient à l’immersion culturelle et aux échanges personnels qu’elle procure, au-delà du logement. Car de l’avis de ceux qui ont tenté l’expérience, ce sont de véritables amitiés qui se lient, bien souvent.
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