Des circuits touristiques pour les aveugles et les malvoyants
par Olivier Barrellier | 28.12.09

Difficile pour les déficients visuels de visiter seuls un monument, un musée ou tout simplement un joli village. Les nouvelles technologies et surtout la prise en compte de ce handicap dans sa globalité sont en train de changer la donne. De plus en plus de communes adaptent ainsi leurs circuits de visites et leur offre d’hébergement avec l’aide d’associations spécialisées.
Créée en 1990, l’association Braille et Culture propose ainsi aux collectivités locales des parcours sensoriels mêlant l’ouïe, le toucher et l’odorat. Déjà plus de cinquante sites touristiques français, parmi lesquels quelques-uns des plus beaux villages de France (les Baux de Provence, Collonges-la-Rouge…) ont appliqué la démarche. Et sans regrets. Non seulement, les parcours font la satisfaction des bénéficiaires, mais en plus certains dispositifs profitent également aux valides.
Penser le séjour dans son ensemble
L’association distingue deux volets dans l’adaptation d’un site au public déficient visuel. En premier lieu, il s’agit de mettre en place des outils de visite spécifiques : plaques illustrées en relief installées in situ, iconographie en relief ou en « agrandi couleur » prêtés par l’Office du Tourisme, maquettes tactiles…
Quant aux guides papiers, ils peuvent rarement être intégralement transcrits en braille, car ils seraient trop volumineux. La parade ? Des audio-guides en MP3 à écouter sur un baladeur prêté par l’Office du Tourisme ou à télécharger sur son iPod. Même s’il est parfois nécessaire de modifier les parcours existants pour contourner des zones dangereuses, ces guides sonores sont bien entendu utilisables par les touristes voyants et/ou les séniors dans leurs versions expurgées des « indices de locomotion » (écoutez l’exemple d’audio-guide ci-dessous).
Le deuxième axe consiste à mettre au niveau les « à côtés ». Braille et Culture a donc développé des formations destinées à tous les professionnels du tourisme, à commencer par les hôteliers et le personnel d’accueil des Offices de Tourisme. Ces formations d’une journée sont ouvertes à tous ceux qui désirent les suivre : guides, restaurateurs, hôteliers, taxis, commerçants, etc.
Une « action sociale » rentable
Une adaptation, ça doit coûter cher, non ? Pas tant que ça. Entre le conseil, la fabrication des supports tactiles et sonores, les formations, et la communication, il faut investir entre 6000 et 15 000 euros selon l’ampleur du site (montants avant aides éventuelles de l’Europe ou de la Région). Le retour sur investissement peut donc s’avérer rapide. « La clé de la rentabilité est double, analyse Isabelle Richard, Chargée de la communication de Braille et Culture. D’une part, équiper plusieurs sites dans une même région pour créer une masse critique d’attractivité. D’autre part, former un maximum de personnes, pour le bouche à oreille auprès de la clientèle bien sûr, mais aussi pour rassurer le personnel ». Clientèle ? « Il faut arrêter de penser que les handicapés sont tous pauvres ! Ce sont des clients comme les autres, dont il faut simplement prendre en compte les besoins », conclut-elle. A méditer…
Lien :
- Comprendre la technique de guide (comment aider un aveugle dans la rue)
Exemple d’audio-guide
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