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Samedi 4 février 2012

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Brixton veut soutenir son économie avec une monnaie locale

Social | 3 réactions

par Olivier Barrellier | 18.02.10

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Un des enjeux majeurs pour les villes réside dans le maintien d’une activité commerciale in situ. A la fois pour des raisons économiques et écologiques. Demain, la ville durable fera ses courses en centre ville, et à vélo s’il vous plait ! Pour y parvenir, Brixton, un quartier du sud de Londres, explore la piste de la monnaie locale et bat son « Brixton Pound » depuis septembre 2009.

Le principe de la monnaie locale, non soutenue par un état, n’est pas nouveau. Les premières expériences datent du 19eme et s’apparentaient plutôt à des systèmes du type points de fidélités, ancêtres des « miles ». On dénombre également quelques tentatives de monnaies complémentaires à but économique dans les années trente. Wörgl (Autriche) par exemple, vit son économie locale se rétablir rapidement grâce à sa propre devise, qu’elle dut stopper un an et demi plus tard, sur demande de la banque centrale autrichienne.

Relancer par la demande

Brixton souhaite donc conserver sur son territoire le maximum de valeur ajoutée en multipliant les échanges commerciaux. On peut comparer la démarche à une relance économique par la demande. En payant leurs salariés en Brixton Pounds, les employeurs les incitent à dépenser localement. Les commerçants, eux même payés en monnaie locale vont à leur tour l’utiliser chez des fournisseurs et des prestataires du cru. Et ainsi de suite. Comme il est impossible de les placer contre intérêts, les Brixton Pounds circulent. Et de l’argent qui circule, c’est bon pour l’économie.

Bien sûr, il est toujours possible de convertir ses Brixton Pounds en Livres Sterling (le taux de change est de un pour un) pour aller dépenser son argent ailleurs… et pourtant cela semble fonctionner. D’une part, les habitants semblent fiers d’avoir leur propre argent (les billets représentent des héros locaux, choisis par un vote), d’autre part c’est un message fort qui pèse sur les consciences : nous devons dépenser notre argent sur place, c’est bon pour nous tous au final. Il faut tout de même ajouter qu’un tiers des 150 magasins acceptant les Brixton Pounds offrent un discount s’ils sont payés en monnaie locale. De quoi motiver les réticents.

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Olive Morris, James Lovelock, C L R James, et Vincent Van Gogh, les héros "locaux" de Brixton

Les économistes sont sceptiques

Regardons un peu le dessous des cartes. Chaque Brixton Pound est sécurisé par une livre sterling, séquestrée et investie sans risques. Les intérêts étant utilisés pour produire la monnaie physique (le lancement ayant été sponsorisé). Le système est donc peut risqué pour les utilisateurs et neutre face à l’inflation. En revanche les bénéfices à long terme laissent certains économistes sceptiques. C’est le cas de Tim Harford, économiste et journaliste au Financial Times, qui avance que la monnaie n’est pas une richesse mais un simple outil d’échange et qu’en changer n’enrichit personne. D’après lui, les gains apportés à court terme par la relocalisation de l’économie sont inférieurs aux pertes liées à la diminution des échanges avec l’extérieur. Il en veut pour preuve la très courte durée de vie de tous ces systèmes. Si cela est statistiquement exact (la plupart périclitent en quelques années), le plus ancien encore en fonctionnement (à Ithaca dans l’état de New-York aux Etats-Unis) fêtera tout de même ses 20 ans l’an prochain !

Pour aller plus loin :

  • Livre : « Les monnaies parallèles », Jérôme Blanc, Editions L’Harmattan

Une expérience en cours en France

A Villeneuve sur Lot (Lot et Garonne), l’association « Agir pour le vivant » a lancé le 23 janvier dernier une monnaie locale baptisée « L’Abeille ». Pour un euro, on achète une Abeille qui peut être utilisée chez une quarantaine de commerçants et d’artisans. Inutile de thésauriser car il s’agit d’une monnaie fondante, c’est à dire qu’elle perd 2% de sa valeur tout les six mois ! Et nous qui pensions que les associations écologistes prônaient la décroissance…

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Vos réactions

Mougel Marilyne | 12.07.10 à 15.52

Bonjour,

Je réagis à l’article, sur la partie “les économistes sont septiques” : ils le sont toujours, enclins à rester enfermés dans l’ancien paradigme, et dans des schémas de pensées qui restent figés dans les modèles de représentations classiques, comme si notre société actuelle avait toujours fonctionné de la même manière, et avec la monnaie unique par exemple si l’on prend ce champ là, alors que nous n’avons des monnaies uniques que depuis 2 ou 3 siècles…
Je voulais aussi réagir sur le fait que vous citiez les expériences d’Ithaca Hours comme l’une des plus anciennes qui ont duré et qui fêtent leurs 20 ans l’an prochain, parce que vous avez omis de mentionner les expériences de WIR en Suisse qui elle, sure depuis 76 ans cette année, et donc n’a plus rien à prouver, avec 60 000 entreprises dans tout le pays, et le RES en Belgique, qui existe depuis 16 ans, qui dure aussi, et qui s’étend en France depuis quelques mois….Ces mentions me paraissent non négligeables, surtout en face d’économistes qui prétendent que les expériences de monnaies complémentaires ne durent pas…
Au plaisir de vous rencontrer à un moment peut-être en France, je serais en tous cas très intéressée. Je suis basée à Grenoble en région Rhône-Alpes et me déplace éventuellement.
Bien à vous et bravo…
Merci pour l’espoir que vous donnez à travers vos expériences
Marilyne

Raphaël Souchier | 16.07.10 à 14.37

Monnaie locale: en France (janvier 2010), l’association des commerçants de Pézenas (Languedoc) a lancé sa propre monnaie locale, l”‘Occitan”, sur le même principe.

Voir: http://deviseoccitan.org/

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