
Déjà trois ans que l’université québécoise de Sherbrooke s’est dotée d’un vice-recteur pour le développement durable puis d’un « Plan d’action de développement durable ». Le campus étant situé à quelques kilomètres du centre-ville, les principales mesures pratiques concernent la mobilité des étudiants et du personnel. Mais la démarche est plus globale. En interne, elle touche désormais le cursus universitaire lui-même, et à l’extérieur, la ville en tire certains bénéfices.
Une loi canadienne de 2006 imposait aux établissements publics la mise en œuvre d’un « Plan d’action de développement durable 2008-2011 ». L’Université de Sherbrooke, étant autonome, n’y était pas contrainte mais a décidé de s’imposer l’exercice et de le confier à Alain Webster, un économiste spécialiste du développement durable, passé par l’université de Rennes. Un plan ambitieux, contenant une centaine d’actions réparties en neufs « chantiers stratégiques ».
Limiter la place de la voiture en offrant une alternative
Depuis une dizaine d’année, Sherbrooke a la cote auprès des étudiants, toujours plus nombreux. L’université devait donc relever un double défi : construire des résidences universitaires sur place, et encore plus de places de stationnement… Grâce au Plan d’action, une troisième voie a été choisie : financer l’abonnement aux transports en commun pour tous les 35000 étudiants et offrir des réductions au personnel (6 000 personnes). Quelques vélos en libre service et un programme de co-voiturage ont également été ajoutés. Bilan, d’abord quelques parkings ont pu être transformés en espaces verts et le campus n’en est que plus agréable. Ensuite, la desserte du centre-ville étant performante, les étudiants le fréquente plus (qu’ils y habitent ou qu’ils y sortent), pour le plus grand bonheur des commerçants. L’université y a d’ailleurs gagné une meilleure image quant à son utilité économique immédiate pour la collectivité.

Un étudiant en Segway
En interne, la faculté a revu sa politique d’achat et privilégie désormais les produits « verts » en intégrant dans ses grilles d’analyse de réponses aux appels d’offres, des critères liés au développement durable, dont les poids augmentent d’année en année. A titres d’exemples, la quasi-totalité du papier est désormais recyclé et les performances énergétiques des bâtiments ont été améliorées.
Intégrer le développement durable dans la formation des étudiants
Tous les étudiants, quelque soit leur cursus, reçoivent un minimum de formation au développement durable. Une démarche facilitée par la présence sur place d’enseignants spécialisés car l’université de Sherbrooke était déjà en pointe sur ces sujets. Elle délivre en effet, plus de la moitié des diplômes de maîtrise en environnement décernés chaque année au Québec. Mais pour aller plus loin et pouvoir proposer un enseignement transdisciplinaire, c’est à dire étudier comment le développement durable impacte chaque matière, l’université s’est dotée d’un « Observatoire de l’environnement » auquel participent une quinzaine d’organismes locaux (Ville de Sherbrooke, Conseil de recherches industrielles du Quebec, associations environnementales …). Au programme, l’intégration de la dimension durable dans les programmes de recherche et surtout l’aide au financement des travaux des étudiants-chercheurs. Une quête d’argent facilitée par l’excellente image véhiculée par l’université verte. Une entreprise a ainsi donné un million de dollars canadiens en 2009 pour financer un nouvel espace vert.
L’université de Sherbrooke en bref :
- Etudiants : 35 000 dont 14 000 à temps plein.
- Personnel : 6 000 dont 2 300 professeurs.
- Disciplines : Administration, droit, éducation, éducation physique et sportive, génie, lettres et sciences humaines, médecine et sciences de la santé, sciences, théologie, éthique et philosophie.
- Palmarès : première université au monde à avoir offert un MBA en Français. Pionnière de l’apprentissage par problèmes et de l’enseignement coopératif.
Sur le même thème : Canada, mobilité, université








