
Les grandes villes sont pléthore à devoir lutter contre des populations de pigeons en surnombre. Tous les moyens sont bons pour éloigner l’envahisseur dont la fiente particulièrement corrosive engendre la dégradation, fort coûteuse, des lieux publics. Liverpool a fait appel à un dispositif original : un faucon mécanique répulsif.
Paris et Notre-Dame, Venise et la place Saint-Marc ou Trafalgar Square à Londres n’ont pas le monopole. Depuis quelques années, Liverpool s’est retrouvée face à une invasion de pigeons, nourris aux restes de burgers et de saucisses. Chaque année, il en coûte à la cité des Beatles 200 000 euros de nettoyage de ses lieux publics souillés des excréments des volatiles indélicats.
Des leurres pas toujours efficaces
La ville anglaise décide alors d’utiliser une méthode douce pour faire fuir les oiseaux, en adoptant des faucons mécaniques un peu spéciaux, les « robops ». Le faucon étant un prédateur naturel des pigeons. Ces robots qui tournent régulièrement la tête, battent des ailes, bougent leurs pattes de temps en temps et émettent des cris sont placés à des endroits stratégiques.
Sarah Langworthy, du département Environnement de la ville de Liverpool, avoue que « ces oiseaux robotisés, s’ils se sont révélés assez efficaces, n’ont pas résolu le problème. Les gens continuent à nourrir les pigeons et ne les encouragent pas à fuir. Et même, au bout d’un certain temps, les pigeons s’habituent au leurre et n’y prêtent plus attention ». Le faucon en ferraille et sans cervelle a perdu la partie face à l’intelligente colombine. Sarah Langworthy met donc l’accent sur l’éducation et la sensibilisation qui, selon elle, sont plus efficaces pour venir à bout du problème.

Le nettoyage des fientes de pigeons coûte 200 000 euros par an à une ville comme Liverpool.
La compagnie écossaise Robop, qui commercialise les oiseaux mécaniques éponymes, avoue que les robops ne constituent qu’une partie de la solution. L’entreprise évoque également l’expérience des villes anglaises de Guildford qui souhaitait chasser les pigeons de sa grande horloge historique, ou de Ayrshire qui a utilisé les robops pour protéger le toit d’une école primaire contre les mouettes, qui s’y installaient pour venir dévorer les sandwichs des élèves ! Ces oiseaux futuristes offrent donc des solutions ponctuelles. Plus difficile lorsqu’il s’agit d’une grande ville, dont tous les édifices et toute la population sont concernés.
Dans la même veine, à San Francisco, une commission spéciale a planché six mois sur la question pour finalement opter pour l’achat de vrais faucons pèlerins afin de dévorer les pigeons tout crus. En fait, les faucons agissent comme des prédateurs territoriaux et n’hésitent pas à faire place nette sur leur terrain.
Pas de solution unique
Au-delà des rapaces, certaines villes ont mis en place des installations pour combattre le fléau. A Paris, la municipalité a installé des pigeonniers contraceptifs afin de contrôler les naissances et a offert la possibilité légale d’intégrer aux bâtiments des dispositifs empêchant de nidifier et donc de souiller les bâtiments. A New-York, toute personne surprise en train de nourrir un pigeon est punie d’une amende de 1 000 dollars.
En réalité, les techniques retenues sont multiples, variées et complémentaires : électro-répulsion, picots, fils tendus, et même, canons lance-filets… Mais on voit que la technologie n’est pas forcément la réponse idéale. Les citoyens sont avant tout invités à perdre l’habitude de nourrir les pigeons, au risque de voir grimper en flèche leurs impôts locaux…
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Eva | 16.03.10 à 00.28
Les pigeons, quel fléau ! A croire qu’aucune ville n’a trouvé LA solution miracle.