Des bateaux électriques en libre accès à Amsterdam
par Elsa Sidawy | 02.03.10

Alors que de plus en plus de villes proposent des vélos en libre service, Amsterdam, pionnière en matière de transports verts, débarque avec une nouvelle conception du transport doux : le bateau électrique. C’est l’entreprise Sloepdelen qui a mis en place ce système original permettant d’embarquer au pied levé pour une balade nautique.
Une navigation sécurisée qui séduit les habitants
Sloepdelen est une jeune entreprise amstellodamoise mettant à disposition des habitants des bateaux électriques en libre service. Pour utiliser les embarcations, nul besoin de permis, une simple inscription sur le site Internet de l’entreprise permet de devenir membre. Il est ensuite enfantin de louer un bateau pour deux heures ou plus selon ses envies en faisant sa demande sur le site. Un code directement envoyé par SMS sur son mobile permet de récupérer directement les clés près de l’embarcadère et de grimper dans le bateau. Seule condition : le ramener au point où il a été pris.
L’entreprise possède actuellement 15 bateaux, ainsi qu’un bateau de service pour aider les utilisateurs en cas de difficulté. Mais l’accent est mis sur la sécurité : « Les usagers ont rarement des problèmes car nos bateaux en aluminium ne craignent pas les chocs en cas de collision », précise Iwan de Ploeg, directeur de Sloepdelen. Et même si on n’a pas vraiment le pied marin, les bateaux sont très faciles à manier et la limitation de vitesse à 6 km/h diminue grandement les risques d’accidents. De 45 membres la première année, l’entreprise a vu grimper ses adeptes à 150 cette année. Elle compte atteindre les 225 membres dès l’an prochain. « Les gens commencent à s’habituer au système et le bouche à oreille est notre meilleur atout », s’enorgueillit le directeur de Sloepdelen.
Un concept limité par les spécificités du réseau
Cependant, les limites du concept sont posées par les conditions même de circulation et d’accessibilité. Contrairement à un système de bornes régulièrement disponibles à travers différents lieux de la ville comme c’est le cas dans de nombreuses villes pour les vélos, il est moins aisé de mettre en place ce type de réseau avec des bateaux. De plus « il est assez compliqué d’organiser le rapatriement des bateaux tous les jours aux deux embarcadères dont nous disposons », avoue Iwan de Ploeg. Il s’avère donc idéal pour des touristes qui souhaitent naviguer en toute indépendance, pour des groupes d’amis ou des familles. « Sloepdelen constitue une alternative à ceux qui souhaitent avoir un bateau mais qui n’ont pas le temps de l’entretenir, avoue le directeur. Le prix de 35 euros de l’heure peut sembler élevé, mais si l’on compare, l’achat d’un bateau électrique coûte par exemple 20 000 euros, sans compter les coûts d’entretien, d’assurance, la place au port… ».
Un modèle difficilement transposable dans d’autres villes
Pour autant, le concept aussi séduisant qu’il puisse paraître pour des villes traversées par des cours d’eau, ne semble pas adaptable partout. « Il correspond parfaitement à l’état d’esprit amstellodamois, où les gens sont habitués à utiliser des bateaux et où les canaux quadrillent la ville. Il peut fonctionner dans des grandes villes où l’eau est omniprésente, comme à Venise par exemple », prévient Iwan de Ploeg. Il semble donc primordial que l’idée soit intégrée dans la culture locale. Contactée par Leeuwarden et Leiden, deux villes hollandaises entourées de canaux, Sloepdelen a refusé le déploiement, estimant que le modèle ne pouvait pas se dupliquer ailleurs. « A Paris, avec la rapidité des bateaux qui circulent, cela serait impossible ! », s’amuse Iwan de Ploeg. A moins de créer des lignes en site propre, comme c’est déjà le cas pour les bus…
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