L’eCycleway, un pont avant-gardiste réservé aux vélos
par April Streeter | 19.04.10

C’est une incontestable vérité que d’affirmer que les infrastructures dédiées aux vélos sont insuffisantes dans la majorité des villes américaines. C’est particulièrement vrai à Los Angeles, où si les pistes cyclables étaient aussi nombreuses que le nombre de jours de soleil, la ville serait le paradis des cyclistes. Le designer Christopher Rusay a imaginé un concept dont l’objectif est d’aider les villes à créer et étendre le réseau de pistes cyclables sur leur territoire (et pourquoi pas également réduire les tensions qui existent entre les automobilistes et les cyclistes). Sa création consiste en une bande cyclable surélevée construite à l’aide de pièces de polyéthylène et de montants d’aluminium recyclé attachés aux pylônes électriques et lampadaires existants. Des leds fonctionnant à l’énergie solaire pour l’éclairage de nuit complètent le dispositif de l’eCycleway. Complètement fou ? Absolument. Mais innovant également. Et formidable de voir que des designers se mettent à imaginer ce type de solutions de transports durables.
Inspiré par un design centenaire
Christopher Rusay avoue s’être inspiré du California Cycleway, un chemin de bois surélevé qui reliait, au tournant du siècle dernier, la ville de Pasadena au centre-ville de Los Angeles. Ce passage a été démoli au profit de la construction de la première autoroute californienne, la 110. Le California Cycleway était payant (10 cents pour un aller, 15 pour l’aller-retour). Une bonne idée pour financer ce type d’installation dans les villes où l’usage des vélos est en augmentation notable.
« En 1901, les cyclistes trouvaient ce type de piste plus sécurisante que les routes où se croisaient chevaux, trains et trolleys, chiens errants et enfants indigents ».
Le site Walkinginfo.net estime que le coût d’installation de pistes cyclables sur les routes déjà construites se situe entre 5 000 et 50 000 $ par mile (environ 1,6 km). Moins qu’une route ou une quatre voies, mais constituant tout de même une somme significative. Rusay décrit son eCycleway comme plus léger et plus rapide à installer que des voies traditionnelles, mais pas nécessairement moins cher. A Sydney, l’estimation d’une telle piste cyclable surélevée s’est montée à 30 millions de $, pour seulement 2 km de long. Dans le cas de Sydney, le pont de liaison permettrait aux cyclistes de rejoindre différentes zones de la ville et les séparer du trafic automobile.
Il est agréable de pédaler sur une piste réservée aux cyclistes, où l’on ne doit se soucier que de ceux qui roulent à pleine vitesse. Mais cette conception conduit à une certaine ségrégation des cyclistes par rapport au reste du trafic et n’aiderait pas les piétons, cyclistes et automobilistes à évoluer en harmonie dans la ville.
Ce que propose Rusay est seulement un concept. Mais il serait intéressant pour certaines villes de tester l’eCycleway, notamment celles dont le manque de liaisons routières pour les cyclistes est criant.
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Photo de Une : Le projet de Rusay, Design21, d’un pont à vélo fait de matières recyclées et maintenu par un dirigeable.
Bio express de l’auteur
Reporter au MacWEEK magazine de San Fransisco puis au Tomorrow magazine à Stockholm et enfin au Sustainable Industries magazine à Portland, April Streeter travaille désormais à Gotenburg, en Suède, comme journaliste freelance. Elle contribue régulièrement au site Treehugger.
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