Le phénomène de bookcrossing envahit les villes du monde
par Elsa Sidawy | 04.06.10

Le bookcrossing est un véritable phénomène consistant à relâcher un livre dans la nature pour lui donner une seconde vie et laisser l’opportunité à d’autres personnes de le lire. Le concept permet d’offrir aux livres une alternative à la bibliothèque familiale. Il est ouvert à tous, des particuliers aux structures publiques telles que les bibliothèques ou les écoles.
L’idée n’est pas nouvelle. Elle vient des Etats-Unis où en 2001, Ron Hornbaker, un passionné de lecture, a lancé un site Internet permettant aux plus grands bibliophiles de pouvoir faire partager leurs lectures et leurs livres. Le site encourage à laisser des avis sur les livres et constitue en ce sens l’une des plus grandes communautés de lecteurs au monde.
Un principe gratuit et universel
Mais le bookcrossing va bien au-delà du simple forum. Ses règles sont simples : lire un livre, un bon si possible, s’inscrire gratuitement sur le site Bookcrossing et publier les informations et commentaires éventuels sur le livre. L’enregistrement permet l’obtention d’un BCID (BookCrossing ID). Ce code d’identification sera reporté sur une étiquette qui sera à son tour collée sur le livre. Celui-ci sera enfin prêt à voyager sur un banc public ou une terrasse de café avant d’être à nouveau emprunté par un nouveau propriétaire temporaire.
A l’inverse, le « bookcrosseur » qui trouve un livre doit l’identifier sur le site pour indiquer aux lecteurs précédents qu’il a été trouvé et l’endroit où il se trouve. Comme ses prédécesseurs, il pourra à son tour le lire, déposer ses commentaires et le relâcher dans l’espace public. Ce cercle vertueux n’a a priori pas de limites, si ce n’est un accident de parcours comme la perte ou l’usure naturelle du livre.
Et les chiffrent parlent d’eux-mêmes : aujourd’hui la communauté de lecteurs sur le site de Bookcrossing rassemble pas moins de 800 000 membres, dont 300 nouveaux chaque jour. Plus de 4 millions de livres sont enregistrés, même s’il est probable que depuis le début de l’aventure, quelques livres aient été écornés ou égarés. Les membres sont presque majoritairement américains, mais le site est ouvert et partagé par de nombreuses autres nationalités.
De grands rassemblements de lecteurs passionnés dans toutes les villes du monde
A la lecture des commentaires laissés sur le site, le concept a ses adeptes. A l’instar d’une citoyenne suisse, Barbara, qui explique sur le site : « Mes livres voyagent à travers le monde, du Canada aux Philippines. Bookcrossing est bien plus qu’une communauté virtuelle et le site a un énorme potentiel pour promouvoir la paix et l’entente à travers le monde ». Sans aller jusque là, la communauté a tout de même la particularité d’être assez dynamique.
Car, si la lecture est un plaisir solitaire, ces passionnés gardent l’envie de se rencontrer pour pouvoir échanger. Des rassemblements de « bookcrosseurs » se font dans de nombreuses villes, comme ce fut le cas en mai 2009 aux Buttes-Chaumont à Paris, où un lâcher de livres dans le parc a suivi un convivial pique-nique. En France et dans les pays voisins, on appelle cela le Méga BookCrossing (MBC). Certaines de ces manifestations prennent même l’allure de jeux de pistes sur le thème de la littérature.
Que les éditeurs et auteurs se rassurent. Cette activité de lecture parallèle n’aurait pas d’incidence sur la vente de livres en librairies. Au contraire, elle incite à la lecture et certains achètent un nouvel exemplaire du livre qu’ils ont dévoré avant de relâcher le premier exemplaire. Certains éditeurs ont même joué le jeu, comme les éditions Heloïse d’Ormesson qui ont libéré une vingtaine de livres en 2006. Une belle opération de street-marketing.
Reportage de la RTBF
http://www.dailymotion.com/videox1qrs1
Crédits photos : Urbis.org / Blugture.com /Hamnessa.canalblog.com / Courtesy of BookCrossing, Inc.
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