Osmose préfigure la station de métro de demain
par Antoine Maudinet | 07.06.10

Alors qu’elle étend ses activités à l’international et qu’elle devra progressivement faire face au nouveau poids lourd Veolia-Transdev, la RATP fait désormais de l’innovation l’une de ses lignes de conduite.
La régie française de transports en commun ne fait pas dans la demi-mesure lorsqu’elle lance en juillet 2009 une consultation internationale « sur la définition d’un concept urbain et architectural des futures stations de métro ». Trois cabinets d’architectes ont alors imaginé les grandes lignes du réseau de transports de l’avenir. Sans être révolutionnaire, « Osmose » représente une nette modernisation dans la façon de se déplacer, en dépassant le transport tel qu’il est conçu et vécu aujourd’hui.
Pour Rémi Feredj, directeur du Département des espaces et du Patrimoine de la RATP, « ce sont ces nouveaux lieux voyageurs qui vont créer le milieu urbain environnant ». La station est vue à la fois comme une plateforme intermodale de transport et un centre de vie qui ne se contente plus d’être un simple lieu d’allers et venues. La station Osmose offre biens et services, devient un endroit d’échanges : « on va essayer de retrouver le concept de la ville d’origine, c’est à dire la place du marché, l’endroit où se croisent les lieux de transports et les lieux de vie » indique Lorenzo Sancho de Coulhac, responsable de la maîtrise d’ouvrage des espaces voyageurs de la RATP.
Mixité, sociabilité, continuité ou les trois ?
Si la durabilité est un prérequis commun aux trois cabinets, des divergences pointent quant aux manières d’envisager Osmose. Le cabinet espagnol souhaite effacer la rupture entre le milieu souterrain du métro et la vie publique. Pour ce faire, celui-ci pense à un métro intégré à la ville, mélangeant mixité et continuité. Le projet anglais cherche lui à apporter un supplément d’âme au métro pour que celui-ci ne soit plus simplement un lieu de passage. Enfin, les architectes français partent eux de l’objectif de rendre le déplacement naturel, pour l’intégrer sans douleur dans une mobilité continue.
Pôle de transports, usages urbains, espace public, Osmose vise donc une mixité des différents endroits en son sein, mais aussi une continuité entre la station et la rue qui l’entoure. Dans quel but ? « Si l’espace autour de la station est plus dense, nous utiliserons d’avantage les transports publics. Car le plaisir, le travail et le côté pratique seront alors combinés. Peut-être même que nous voyagerons moins par nécessité que par choix », révèle Farshid Moussavi, du cabinet anglais.

Un projet futuriste ou réaliste ?
On peut toutefois questionner la capacité de généralisation d’un tel projet. Sa taille peut s’adapter aux points névralgiques de transport comme les fameux « hub », mais vraisemblablement pas à chaque station. D’autant que le projet est imaginé très spacieux, ce qui va à l’inverse même du milieu urbain tel que nous le connaissons de nos jours, dense, où chaque parcelle d’espace vaut son pesant d’or.
Aux yeux de l’architecte David Trottin, la démarche d’Osmose part du constat suivant : « la notion de déplacement aujourd’hui est devenue une sorte d’évidence. Plus on l’intègre tôt dans la conception, plus ça permet d’être naturel ». Ceci implique qu’Osmose fasse partie intégrante de l’identité de son quartier, mais aussi qu’il se fonde sur une éco-conception : récupération des eaux, équilibre thermique avec les immeubles adjacents, mais aussi exploitation des énergies renouvelables pour des émissions de carbone réduites. Projet séduisant sur le papier comme sur l’écran, Osmose a néanmoins encore tout à prouver.
A découvrir dans le cadre de l’exposition « Osmose, quelles stations pour demain ? », à la Cité de l’architecture jusqu’au 14 juin 2010.






Culturemobile | 16.06.10 à 22.59
Espérons que ces stations soient aussi ornées de mur végétal dépolluant! http://blog.culturemobile.net/.....nt-magenta