Des petits coins discrets qui ressortent du sol le soir venu
par Elsa Sidawy | 22.06.10

Après les pigeons, les problèmes d’épanchement d’urine sur la voie publique sont l’autre grand fléau de salubrité publique des villes, particulièrement celles ayant développé une activité nocturne. Le problème pourrait paraître anodin voire anecdotique s’il n’avait pas un réel impact social et d’image pour les municipalités.
La société hollandaise Urilift a développé un type d’urinoir original qui répond en partie à ce problème. Ces toilettes publiques escamotables sont cachées durant la journée, laissant alors place à une simple marque ressemblant à s’y méprendre à une simple plaque d’égoût, et ressortent dès la nuit tombée. Elles peuvent donc être placées à n’importe quel endroit, leur présence ne gênant pas les commerces alentour dans la journée et devenant bien utiles au contraire lorsque les bars et restaurants font le plein le soir venu.
Différents types de toilettes adaptées à chaque problématique
La gamme compte différents modèles de toilettes, comme UriLady, disposant de portes qui se ferment, qui est, comme son nom l’indique, adaptée aux femmes. Mais le produit phare d’Urilift, ce sont ces toilettes éponymes qui émergent du sol en une minute montre en main, pour accueillir les petits besoins des fêtards du soir. Entièrement conçus en acier inoxydable, elles abritent un à trois urinoirs pour hommes. Par sécurité « c’est toujours une personne qui commande la levée de l’urinoir, généralement vers 21h le soir et sa fermeture à 6h du matin », explique Wim Hermans, responsable des ventes internationales chez Urilift. Généralement, il s’agit d’un employé de la ville qui actionne la télécommande, « mais la ville peut laisser cette responsabilité à un tenant de bar, aux personnes qui nettoient la chaussée…», ajoute Wim Hermans.
Un investissement rentabilisé par la baisse des actes de vandalisme
Tout a été prévu pour simplifier l’entretien de ces installations enfouies dans le sol. Reliées aux égouts de la ville, elles s’auto-nettoient « mais généralement les services de la ville les nettoient une fois par semaine ». Petit bonus pour les villes hollandaises, dont les toilettes Urillift sont inspectées au peigne fin une fois par mois par l’entreprise elle-même.
Le coût unitaire, à partir de 25 000 euros pour un urinoir, est vite rentabilisé selon Wim Hermans : « en moyenne, les coûts de vandalisme sur nos toilettes coûtent moins de 100 euros par unité chaque année, ce qui est très peu pour ce type de produit ».
Jusqu’à 125 utilisations par heure
Les premiers urinoirs Urilift ont été installés en 2002 aux Pays-Bas. A présent, la société peut se targuer, outre d’être seule sur ce créneau, d’avoir installé 125 de ces toilettes dans 70 villes différentes de nombreux pays européens, dont le Danemark, les Pays-Bas, l’Angleterre, la Belgique et la Suisse. Pas forcément ceux où les incivilités quotidiennes sont les plus criantes… Un succès que ne dément pas Wim Hermans : « Dans la moitié des cas, lorsqu’une ville a testé une première fois, elle rachète des urinoirs Urilift l’année suivante. Cela donne une idée du niveau de satisfaction ». Concernant la fréquentation de ces toilettes, certaines sont utilisées uniquement le week-end, d’autres tous les soirs de la semaine et « jusqu’à 125 personnes peuvent l’utiliser en une heure », indique Wim Hermans avec une précision mathématique. Les fêtards n’auront même plus à reprendre leurs esprits pour éviter de viser la lunette des toilettes mixtes. Gageons qu’ils apprécieront ce petit plus.
Pour en savoir plus sur l’innovation présentée dans cet article, contactez-nous à l’adresse contact@innovcity.com
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robin | 22.06.10 à 21.27
et les femmes elles font comment ???