A San Francisco, les citoyens comptent les arbres
par Elsa Sidawy | 02.07.10

La forêt amazonienne n’a qu’à bien se tenir. Si cette dernière fait l’objet de nombreuses recherches pour le rôle qu’elle joue comme poumon de la planète, on oublie trop souvent que les arbres urbains ont eux aussi leur importance dans notre environnement quotidien.
Les meilleures initiatives sont souvent simples et collectives. Lancé en avril dernier par la ville et l’association « Friends of the Urban Forest », le projet collaboratif « Urban Forest Map » doit inciter tous les citoyens à recenser les arbres qu’ils rencontrent sur leur trajet quotidien ou qui poussent près de chez eux, qu’il s’agisse donc d’un arbre situé sur le domaine public ou privé. Photographier un arbre, l’enlacer pour mesurer son diamètre ou l’observer pour identifier son espèce sera désormais vu comme un acte citoyen.
Logiquement, le site web déployé dans ce cadre prend la forme d’un wiki : la base de données regroupant les arbres recensés officiellement par la ville est déjà en ligne. Aux citoyens verts de faire le reste en remplissant un formulaire pour tout arbre repéré dans la ville et qu’ils souhaitent ajouter à ce catalogue en ligne. Chaque arbre aura ainsi sa fiche d’identité sur le site et sera localisé grâce à l’application Google Map. A l’inverse, pour les curieux, le moteur de recherche permet de localiser un arbre en particulier pour connaître par exemple son essence ou modifier les données le concernant.
Les arbres et les fonds publics
Le questionnement de départ est aussi économique. 90 000 arbres sont officiellement identifiés par la ville sur son territoire, il en existe pourtant des centaines de milliers d’autres, autant sur le domaine public que dans des propriétés privées. Le coût de référencement d’un seul arbre coûterait à lui seul 3 $ pour la municipalité. L’idée est donc d’inviter les citoyens à économiser l’argent public tout en les incitant à s’intéresser à la biodiversité et plus particulièrement aux arbres, souvent considérés dans les villes comme du simple mobilier urbain. Les arbres ont pourtant le mérite de receler un atout économique supplémentaire par rapport aux bancs publics. Si les feuilles qui tombent des arbres ne prennent pas encore la forme de billets verts, la valeur écologique d’un arbre peut être calculé en fonction de son espèce et selon différents critères. 200 exemplaires de l’essence du Podocarpus gracilior contribueraient par exemple à un gain 8 109 $ sur le portefeuille de la ville. Chaque arbre contribue en effet en partie à réguler les gaz à effet de serre présents dans l’atmosphère, à assainir l’air et à filtrer l’eau de pluie. Ce qui en terme de santé publique notamment constitue un gain inestimable.
Des données inestimables pour l’aménagement de la ville
Cette collecte permettra en outre aux paysagistes et urbanistes d’accéder à des données enrichies afin d’estimer les possibilités de plantation et les zones à verdir en priorité, ou encore de prévenir les maladies qui menacent les arbres. Enfin, les climatologues également pourront ainsi plus précisément comprendre les effets des forêts urbaines sur le climat. « Plus les données sur les arbres sont précises, plus il est facile de concevoir des politiques d’aménagement adaptées », indique Kathy Wolf, chercheur au service des forêts nationales à l’université de Washington, citée par Wired.
Au-delà de l’argument économique, donc, c’est la promesse d’une ville plus verte et par là plus saine et plus agréable à vivre que le projet promet d’obtenir.
A Paris, la ville suit la croissance de ses arbres grâce à des puces RFID implantées sur chaque tronc des 95 000 arbres de la ville. Les bûcherons municipaux peuvent lire les données de chaque arbre grâce à une tablette tactile : date d’implantation, arrosages, élagages, maladies, accidents avec des véhicules…
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