
Vous n’en aviez peut-être jamais entendu parler, mais de plus en plus de villes consacrent un petit contingent de leur effectif à veiller au respect de la qualité de vie et aux infractions qui touchent de près ou de loin à l’environnement. Si cette pratique existe déjà depuis plusieurs années à travers le monde, elle n’en est pas pour autant généralisée. Etat des lieux d’une police encore méconnue de ses citoyens.
Des missions qui varient selon les priorités locales
Dans la mégapole new-yorkaise, le Department of Environmental Conservation (DEC) à fort à faire, surtout lorsqu’il s’agit de réguler la pollution. A l’aide d’un opacimètre, les policiers mesurent le niveau de pollution qui sort des pots d’échappement. Ils contrôlent également la provenance et la fraîcheur de poissons sur le marché de cette ville portuaire. De grosses amendes sont à la clé pour assurer l’aspect prohibitif, absolument indispensable lorsque l’on sait que les agents du DEC ne sont que 20 pour tout Big Apple…
En Israël, l’eau est une ressource non seulement précieuse mais stratégique. Dès lors, la police verte s’assure que les directives du Ministère de l’Environnement sont bien suivies, surtout quand elles concernent la gestion de l’or bleu.
L’enjeu est différent au Vietnam, où la grande diversité de la faune fait du trafic d’animaux l’objet de toutes les attentions. Toutes ou presque, puisque réputé pour son faible coût de main d’œuvre, le respect des normes environnementales de fabrication des produits manufacturés dans ce pays est un défi de tous les jours.
Chez nos voisins anglais, l’Environment Agency dispose d’une brigade dotée de larges pouvoirs allant de la fouille de biens d’entreprises à la surveillance de l’utilisation de l’énergie.
La France s’y met aussi, de Tahiti à Lyon en passant par Aix-en-Provence. A Nice, où la police verte a été intronisée en mai 2008, les 31 agents déployés ont des missions variées : pollution sonore, affichage sauvage, dépôts d’encombrants sur la voie publique, déjections, dépassement de terrasse… La mission de ces policiers est double puisqu’ils doivent manier information et répression.
Des problèmes de fond
Néanmoins, il leur est bien difficile de changer les habitudes de leur concitoyens. Leur faible nombre est une incitation indirecte au sentiment d’impunité, mais ce dernier est aggravé par la faiblesse de la réponse pénale qui bien souvent classe les dossiers sans suite. En France, pour 60 000 infractions constatées, seules 4 000 condamnations sont prononcées. Dans un article du Monde d’août 2009, Gaëlle Dupont dresse un constat similaire : « Dès 2005, un rapport de l’inspection générale de l’environnement sonnait l’alarme. Très sévère, il dénonçait un manque d’efficacité de la répression dû au morcellement et au manque de coordination des multiples corps de police concernés, à l’absence de priorités dictées par l’Etat et à la faible activité des tribunaux en la matière. Peu de choses ont changé depuis lors. La liste des divers agents habilités à constater les infractions est pourtant très longue. Mais, dans les faits, seuls quelques corps spécialisés, dont les effectifs sont limités, s’y consacrent à plein temps ».
Malgré le sempiternel décalage entre compétences et moyens, la police verte avance, tant bien que mal.
Crédit photo : Douaisis Agglo
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