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Samedi 4 février 2012

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La neuro-visite de Versailles : apprendre et découvrir en exerçant sa mémoire

Tourisme | Aucune réaction

par Elsa Sidawy | 07.07.10

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Combien de millions d’euros déjà la rénovation du château ? Et par qui la statue de Lazare Hoche a t-elle été conçue ? Lorsque l’on visite des villes, des musées, des monuments, on a une fâcheuse tendance à oublier certains éléments que l’on s’était pourtant juré de retenir. En étroite collaboration avec la ville de Versailles, le Learning Club a inventé le concept de neuro-visite, combinant le travail sur la mémoire et la (re)découverte de la ville.

Agitateur de neurones

Le Learning Club est à l’origine une association, créée en 2009 par Jérôme Dutrieux et Jérôme Blin, neurologue à la clinique de la Mémoire à Paris. L’idée était de mettre sur pied une structure où tous types de publics, des bacheliers aux retraités, pourraient venir régulièrement exercer leur mémoire dans un cadre scientifique, mais sous forme de loisir. Ce que ne cache pas le slogan « Une salle de sport pour les neurones ». Forte de son succès, l’association s’est transformée en structure commerciale en mars dernier et propose divers ateliers en fonction des besoins de chacun.

L’équipe de la jeune entreprise et celle de l’Office du Tourisme de Versailles se sont à leur tour agités les neurones pour créer le concept de neuro-visite, dont la marque est aujourd’hui déposée. « La démarche était de créer une visite sur-mesure qui puisse permettre aux habitants de Versailles et d’Ile-de-France de redécouvrir le patrimoine versaillais à travers une visite qu’on pourrait véritablement retenir », explique Mathieu Monnet, l’un des responsables du Learning Club. L’accent est donc mis sur la dimension cognitive de la visite plus que sur la découverte touristique pure.

corps_neuro-visite_100707Une visite en trois temps

C’est avec la complicité de Marie-Laure Coppin, guide-conférencière de l’Office du Tourisme de Versailles que l’équipe du Learning Club a imaginé cette visite d’un nouveau genre. Les participants ne sont pas lâchés directement dans la nature : un travail initial d’une vingtaine de minutes vise à les préparer mentalement à la mémorisation de certaines informations : « on va décortiquer le cheminement de la visite, en essayant de retenir les différentes rues par lesquelles on va passer. Ce repérage géographique est nécessaire pour fixer les informations que l’on va donner, aux endroits où on les apprend », précise Mathieu Monnet. L’urbanisme, la dimension judiciaire et commerciale et l’aspect religieux sont les quatre thèmes autour desquels se déroulent les visites.

A chaque étape importante, la guide s’arrête, fournit des explications comme le ferait n’importe quel guide mais donne le temps à ses élèves d’un jour d’assimiler les informations. « Le cœur de notre méthode, c’est la traduction mentale de l’information. En vous indiquant que la place Hoche a été dessinée en 1671, on vous laisse le temps de vous créer une image mentale vous permettant de vous souvenir de l’information et de pouvoir retrouver l’image au moment de la restitution. Cela prend plus de temps mais on est sûrs de fixer l’information », affirme Mathieu Monnet.

corps_neuro-visite2_100707A l’issue de la visite, les participants et l’équipe du Learning Club échangent lors d’une séance de restitution afin de déterminer la façon dont chacun a mémorisé les différents éléments de la visite. Sans oublier que « chacun doit se construire sa propre histoire et être en mesure de la restituer à l’un de ses proches, par exemple ».

Et les curieux se pressent : lors des premières visites ayant eu lieu en juin, « la moitié était composée de Versaillais, mais il y a également eu des touristes chinois et espagnols », annonce fièrement Mathieu Monnet. L’aura internationale de Versailles n’est sans doute pas étrangère à cet étonnant succès.

Limitées à 20 personnes, les neuro-visites sont aujourd’hui gratuites, mais le Learning Club n’exclut pas de les rendre payantes tout en étendant son offre à des musées, expositions… Et « on s’associera à chaque fois aux professionnels qui ont le savoir-faire sur le sujet », note Mathieu Monnet. Car le Learning Club ne prétend pas détenir le savoir mais sait par contre comment l’entretenir et le faire retenir.

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Pour en savoir plus sur l’innovation présentée dans cet article, contactez-nous à l’adresse contact@innovcity.com

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