
Sandrine Boulet, graphiste dans la vie et poétesse du bitume lorsque cela lui chante, s’inspire de la rue et de la ville pour créer des œuvres numériques insolites. Petite parenthèse ludique et enchantée dans son univers.
Comment travaillez-vous ? Est-ce la ville qui vous inspire ou partez-vous à la recherche de curiosités urbaines avec des idées de créations en tête ?
Mon travail est spontané, ludique et décomplexé, basé sur la contemplation du monde qui nous entoure. Car chaque fois que l’on ouvre les yeux sur une chose ou une personne, on est fortement surpris et émus ! Par le biais de mon travail, je cherche à créer une sorte d’abécédaire visuel. Que des gens voient mes images et commencent eux aussi à voir leur quotidien de façon un peu plus positive, voilà ce qui me plairait. A l’ère du téléphone portable, de l’ordinateur, des consoles de jeu, de Facebook…, il est important de réaliser que c’est aussi dans les choses simples de notre vie de tous les jours que l’on peut se construire un quotidien joyeux, ludique, beaucoup plus proche de nous et facilement accessible. Moins artificiel.

Comment définiriez-vous le street art ?
Qui suis-je pour définir le street art ? Demandez plutôt à des maîtres tels Banksy, Blue, Miss Tic ou même JR de vous définir le street art. Pour ma part, je ne suis pas une street artist à part entière. Je peux de temps en temps coller des papiers dans la rue ou ailleurs pour m’amuser mais ce n’est pas mon but, j’aime avant tout créer. Les streets artists sont dans la rue, la rue est leur territoire de jeu, leur expression et la ville en a besoin !

Qu’est-ce qui vous plaît tant dans la ville ?
J’adore les villes, les gens, la mixité, leur force et leur fragilité. Les villes sont comme des êtres humains qui respirent, qui s’adaptent, évoluent ou s’auto détruisent. Les hommes sont comme des fourmis dans une fourmilière. Et j’aime tout dans ce monde. Chaque petit recoin de bitume, la couleur du ciel, l’usure d’un déchet, la forme des arbres, les gens assis au café. Et je regarde ce monde encore plus sachant qu’il est peut-être à l’agonie…

Si l’on devait dresser votre portrait chinois, quel type de mobilier urbain seriez-vous ?
Si je devais être un mobilier urbain je serais sûrement un banc pour que les gens se posent ou s’allongent. Ou un feu rouge pour qu’ils s’arrêtent. Et puis je serais vert pour qu’ils repartent car je ne veux pas les arrêter trop longtemps !
C’est ce qui se passe un peu dans les expos, on s’autorise à ralentir. L’art est une parenthèse enchantée qui nous permet de nous poser, de réfléchir, de rire, de critiquer, de nous souvenir, de rêver.
Quelles sont vos références artistiques ?
Je souhaiterais faire partie des “happy-artists”. Un happy artist ne prend pas son art au sérieux. J’aime la poésie et j’adore aussi Duchamps, le dadaïsme m’impressionne vraiment. Mais j’admire aussi Tim Burton ou Bowie, Banksy, JR, Picasso, Modigliani, Lucian Freud, Mark Ryden, Cuong-Lé un jeune photographe bourré de talent, Jacques Demy, l’île d’Yeu, ou ma boulangère qui fait des croissants trop bons !

Il y a une expression qui résume mon état d’esprit, je l’ai entendue de la bouche d’un écrivain dont je ne me souviens pas le nom : « Je ne suis pas un allumé, ce sont les autres qui sont éteints ». Voilà une phrase que j’adore. Oui soyons tous allumés et surtout ne nous éteignons pas.
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LaWond | 3.08.10 à 16.17
Je trouve ces productions intéressantes et effectivement, sur papier, en statique, elles peuvent rejoindre la légèreté et la douceur d’autres oeuvres de street art comme celles mentionnées ou aussi de Mark jenkins ou encore de Dan Witz.
Par contre la comparaison s’arrête là selon moi. Le street art n’est pas un art graphique et il ne faut pas le confondre avec la photo faite de l’oeuvre. L’expérience in situ et leur caractère éphémère font totalement partie de l’oeuvre/performance/intervention.