Métro et bus deviennent les nouveaux terrains de jeu des réseaux sociaux
par Elsa Sidawy | 16.07.10

Eviter les contrôleurs, retrouver une personne que l’on a repérée lors de son trajet matinal, informer d’un incident en direct sur sa ligne… Les réseaux sociaux empruntent désormais les sous-sols du métro et des transports en commun pour permettre aux voyageurs de gérer eux-mêmes l’information et la fluidifier, mais aussi pour les distraire tout au long de leur trajet.
La primeur de l’information
Dans cette catégorie, deux petits Français viennent de voir le jour. MétroEclaireur et Checkmymetro, proposent aux contributeurs qui téléchargent l’application sur leur smartphone de devenir acteurs, voire de court-circuiter l’information officielle délivrée dans les transports en commun. Ces plates-formes permettent notamment de partager l’état du trafic en temps réel ou les incidents survenus sur le réseau pour permettre aux autres membres d’anticiper et d’optimiser leur trajet. Au-delà du gain de temps, ces deux applications offrent cependant une option qui doit faire grincer des dents la RATP, donnant la possibilité de prévenir et localiser la présence de contrôleurs dans les gares et stations de métro et de RER. Sur MétroEclaireur en outre, des « éclaireurs » permettent de confirmer ou démentir une information entrée par un autre utilisateur, afin de l’affiner. Plus une information sera authentifiée par un nombre importants d’utilisateurs, plus elle sera fiable. Checkmymetro, lui, se démarque de son concurrent par son aspect ludique puisqu’il est même possible de « checker » un graffiti, un groupe de musique ou encore de passer ses nerfs avec un très parisien « My Coup de gueule ».
Par l’intermédiaire du site Roadify, les utilisateurs des bus et trains de Brooklyn à New York, peuvent partager l’information sur les horaires en temps réel. Nul besoin dans ce cas de posséder un smartphone, puisque grâce à un simple message envoyé depuis leur mobile, les usagers déjà installés dans un bus peuvent indiquer leur localisation à ceux qui attendent sur la même ligne. Reste que si le site est gratuitement accessible, l’envoi de messages demeure payant au tarif usuel.
Dans un autre registre, Commute Greener transforme les mobiles des usagers des transports en pisteurs de CO2 et les pousse à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre dus à leurs déplacements. L’usager entre les informations concernant ses trajets et les transports utilisés et l’application calcule les émissions de CO2 liées à ce déplacement. Il peut dès lors se lancer des objectifs de réduction à lui-même mais également lancer des défis à l’ensemble de la communauté. Il semblerait qu’en échangeant des conseils avisés, les membres parviendraient à réduire leur empreinte carbone de 30 %.
Les réseaux sociaux comme moyen d’expression
En France, Quoi ma ligne ? est le réseau social destiné aux franciliens pour connaître l’état du trafic et publier ses propres contenus sur l’actualité du réseau.
Agacé par les mélomanes écoutant leur baladeur à plein régime ou les indélicats mettant leurs pieds sur les sièges du bus ? En 2008, la régie de transport londonienne Transport for London a lancé une campagne visant à rassurer les usagers inquiets de la montée de la délinquance et des incivilités dans les transports collectifs de la ville. L’opérateur a notamment permis aux plus mécontents d’entre eux de s’exprimer via le forum Together for London et de proposer eux-mêmes des solutions pour diminuer les tensions entre passagers, la délinquance à bord et ouvrir le débat sur ces problèmes.
Rencontrer l’âme sœur dans le métro ou humaniser ses trajets
Si les nouvelles applications de réseaux sociaux permettent de pallier le manque d’informations voyageurs dans les transports en commun, d’autres sont bien plus légères et distractives. C’est le cas de Croisé dans le métro, une plate-forme dédiée aux rencontres amoureuses, dans plusieurs villes européennes.
Dans la même lignée, Submate, disponible de Bilbao à Hong Kong, prévoit de couvrir 65 villes d’ici la fin de l’année. Le site propose de briser la glace entre les inconnus du métro en les mettant directement en relation. Une fois inscrit et après avoir entré les informations sur son trajet quotidien, il est possible de consulter le profil des autres voyageurs empruntant le même trajet et de faire des rencontres, improbables autrement. Et pourquoi pas apprendre à connaître sa future petite amie ou le futur guitariste de son groupe. Une façon originale et non intrusive de faire des rencontres, puisque seules les personnes inscrites peuvent entrer en contact les unes avec les autres.
Foursquare, le réseau social basé sur la géolocalisation des utilisateurs de mobiles devrait faire les yeux doux à quelques-unes de ces nouvelles applications.
Crédits photos : Together for London (Une) / MétroEclaireur
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