Des réseaux pour sauver les villes de l’asphyxie
par Elsa Sidawy | 28.07.10

Les villes couvrent moins de 1% de la surface du globe. Et pourtant 50 % de la population mondiale y vit actuellement, augmentant d’autant l’empreinte carbone de ces cités énergétivores. Depuis 2006, les experts de l’Internet Business Solutions Group de CISCO se sont engagés auprès de la Clinton Global Initiative dans le cadre du programme Connected Urban Development afin de faire baisser les émissions polluantes des plus grandes villes du monde.
Le spécialiste mondial des réseaux s’appuie sur son expertise pour démontrer que les technologies de l’information et de la communication, si elles ont une part croissante de responsabilité dans la consommation d’énergie, peuvent être source de solutions viables et durables. Les infrastructures de réseaux à large bande et le développement continu des applications et des services peuvent offrir des pratiques radicalement innovantes dans les secteurs de la planification urbaine, la politique énergétique, les nouvelles méthodes de travail et les nouveaux styles de vie. La domination des TIC et l’apparition du Web 2.0 ont en effet aujourd’hui des conséquences importantes dans le tissu socio-économique d’une ville.
Pourquoi en effet ne pas profiter de l’incroyable base de données des villes et de la puissance et du déploiement des réseaux de l’information pour construire une ville plus durable et promouvoir des pratiques innovantes ? Mais cette idée, si elle est novatrice dans son concept, bouscule quelque peu les habitudes des villes et leur façon de collaborer avec les entreprises. Les villes sont-elles prêtes à céder leurs données publiques pour le bien collectif ? Car comme l’explique Nicola Villa, le directeur du Connected Urban Development : « le problème est culturel : les gouvernements ne veulent pas ouvrir leurs données publiques aux entreprises qui vont faire du business avec ».
Le système se base pourtant sur le principe de l’open innovation, « ce sont de petites entreprises dans le domaine des TIC qui vont créer de l’innovation, les applications vont être implémentées par ces entreprises ». L’idée reste donc de stimuler le développement économique tout en apportant aux villes des solutions concrètes.
San Francisco, Amsterdam et Séoul ont été les premières à franchir le pas et travailler en partenariat avec CISCO.

Amsterdam et San Fransisco créent la compétition entre les habitants
L’Urban Eco Map est l’une des applications les plus parlantes de ce programme. Ce service cartographie les émissions de carbone dus aux transports, à l’énergie et aux déchets de San Francisco et d’Amsterdam, les deux premières villes l’ayant adopté. Il a été conçu pour encourager les différents quartiers d’une ville et ses habitants à réduire leurs émissions, tout en créant l’émulation grâce à une sorte de compétition entre les différents quartiers et même entre les deux villes. La page d’accueil du site de l’Urban Eco Map est explicite : avec une population similaire d’environ 700 000 habitants pour ces deux grandes municipalités, le transport contribue pour 78 % à San Francisco et pour 45 % à Amsterdam aux émissions totales, et la tendance s’inverse pour les consommations d’énergie. De quoi alimenter la rivalité et se donner les moyens d’agir !
Chaque ménage peut ainsi connaître et indiquer ses émissions et les comparer à celles de la ville et des différents quartiers. Le service ne s’arrête pas au simple constat, puisque les particuliers peuvent consulter sur le site dédié les solutions qui s’offrent à eux et prendre des décisions concrètes.
L’objectif final est bien entendu que ces propositions puissent être déployées dans d’autres villes à toutes les échelles. Une quarantaine de villes sont déjà intéressées pour rejoindre l’Urban Eco Map, mais Nicola Villa souhaite avant tout lancer la version 2.0 du site d’ici octobre, grâce à laquelle les données seront intégrées automatiquement au site et non plus manuellement.
Avant cela, l’équipe s’est offert le voyage à Shangaï afin « de présenter le projet à l’exposition Universelle en partenariat avec l’association Metropolis réunissant les plus grandes villes du monde ». Car dans collectivité, il y a avant tout collectif.
Pour en savoir plus sur l’innovation présentée dans cet article, contactez-nous à l’adresse contact@innovcity.com
Crédit photo : Connected Urban Development
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