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Mardi 21 mai 2013

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Réaliser son propre film urbain en marchant

Culture | 1 réaction

par Elsa Sidawy | 17.08.10

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Walking the edit, c’est un peu la version 2.0 de l’audioguide, grâce auquel le visiteur construit lui-même sa propre visite. Ce projet suisse est à la croisée des chemins entre cinéma, média social et nouvelles technologies, au service de l’art urbain.

L’idée est de créer son propre film au gré de ses déambulations dans l’espace de la ville, en composant via une interprétation automatisée du parcours enregistré, un film singulier à partir de données audiovisuelles préexistantes. « Le projet pose la question de notre relation à la ville d’aujourd’hui, sachant que la ville ce n’est pas que la somme du bâti, du visible, mais aussi celle de la mémoire, des utopies collectives, des émotions personnelles… », explique Ulrich Fischer, son créateur.

Pour tout cela, rien de plus utile qu’un smartphone et plus précisément de l’incontournable iPhone et de l’application gratuite Walking the edit pour se lancer dans l’aventure urbaine. Dans la pratique, l’utilisateur branche ses écouteurs sur son iPhone et « réveille » des fragments audio-visuels non montés en fonction de l’endroit où il se trouve, grâce à la géolocalisation de ces images, et construit ainsi progressivement un film original et unique. « Sous les pavés, les images que l’on réveille sont celles qui font sens par rapport à son propre parcours », poétise Ulrich Fischer.

Un travail en amont essentiel pour générer une banque d’images conséquente

Il ne faut pas croire qu’une fois l’application créée, l’équipe de Walking the edit se soit tourné les pouces. La mise en place du dispositif demande un travail de titan pour chacun des lieux où il est déployé.

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En amont, l’équipe de cinéastes produit une multitude de plans, alternant des rencontres avec les habitants, des scènes du quotidien d’une rue… afin de quadriller le plus exhaustivement possible le territoire.

Ces données numériques sont ensuite géolocalisées et indexées par l’équipe de Walking the edit, ce qui permettra au moteur de montage de sélectionner et d’articuler les plans choisis au sein du film que le visiteur entend en temps réel au moment de sa balade. Le rythme du film créé au final sera fonction du rythme de marche du promeneur. S’il a marché rapidement, les plans traités par le moteur de montage seront courts et rythmés. Le montage est donc simultané à la promenade et non pas ultérieur.

A ces images réalisées “exprès pour”, il s’agit à terme d’en ajouter d’autres en provenance des réseaux sociaux, de banques d’images existantes ou encore des images d’archives de la ville et ainsi couvrir de manière plus étendue et intensive le territoire augmenté par une mémoire audio-visuelle collective. Il sera même possible de laisser le visiteur créer des images avec son smartphone lors de son parcours – images qui ensuite seront intégrées directement dans son propre film. A terme, il est envisageable de marcher, filmer, monter, diffuser un film, le tout en temps réel.

corps_walkingtheedit2_100812« L’objet est de faire son propre montage en fonction de son cheminement et de superposer les données numériques à la ville réelle », résume le responsable du projet. Chaque parcours est le reflet d’une relation particulière au territoire, « grâce au fait qu’on entend le film qu’on est en train de marcher. L’idée est en effet de « marcher un film », de se laisser aller, de remettre des chaussures d’enfant et de redécouvrir la ville à travers des images : c’est la mémoire audio-visuelle du lieu qui doit nous parler », évoque Ulrich Fischer.

A la fin de la promenade, le visiteur peut se transformer en spectateur et admirer son « œuvre » unique et la partager via le site de Walking the edit.

A chaque événement sa scénarisation

Chaque dispositif est donc unique et peut se déployer à l’occasion de nombreux événements culturels, comme ce sera bientôt le cas à Genève ou encore à Paris en septembre, à l’occasion des Journées du Patrimoine.

Un des scénarios d’usage va s’intituler « Le tour du monde en 80 pas », une pré-scénarisation spécifique pour la Cité Universitaire. Cette dernière abritant des maisons aux couleurs de différents pays, l’idée du parcours proposé aux visiteurs sera « non pas de montrer le territoire tel qu’il est, mais de partir des éléments du territoire pour en faire un film ». Le site web dédié, Heritage Experience, « sera une expérience patrimoniale basé sur la réalité et l’histoire de la Cité ».

Mais Ulrich Fischer rêve déjà de Berlin, New York ou Tokyo, des villes qui « se prêtent à une déambulation à pieds et qui permettent de recevoir un signal GPS correct ».

Pour en savoir plus sur l’innovation présentée dans cet article, contactez-nous à l’adresse contact@innovcity.com

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