Des tatamis pour végétaliser des terrains en pente au Japon
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Bulletins électroniques | Elsa Sidawy | 25.08.10
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La compagnie de travaux publics japonaise Taisei a mis en place un procédé innovant permettant de végétaliser les terrains en pente, susceptibles d’effondrement en cas de pluie. L’utilisation de vieux tatamis permet à la fois de maintenir le terrain en attendant la croissance des plantes, tout en contribuant à diminuer la pollution due à l’incinération de tatamis, utilisés pour recouvrir le sol de la majorité des foyers nippons.
Les plantes sont les meilleures alliées des terrains pentus pour éviter que les pluies ne lessivent les sols. Leurs racines retiennent en effet le sol et le stabilisent. Un terrain en pente non stabilisé peut être le théâtre de coulées de boues et de glissements de terrain dramatiques, notamment s’il est situé près des routes et des habitations.
Dans la tradition japonaise, les tatamis sont constitués de nattes de paille de riz tressées. Concrètement, la méthode proposée par Taisei consiste à découper et enfermer les tatamis hors d’usage dans des sacs de lin d’un mètre de côté. Les coussins ainsi créés sont disposés en losanges le long de la pente à végétaliser, afin de laisser l’eau de pluie s’écouler. Dans les espaces créés entre les coussins, il est ensuite possible de planter des arbres. Au bout de cinq ans, alors que les racines des arbres sont assez vigoureuses pour retenir l’eau, les sacs se dégradent naturellement, sans intervention. Cette technique permettrait de réduire de 40 % l’investissement, par rapport à la méthode classique.
Les tatamis, moins coûteux et plus écologiques
Pour cette dernière, la plus utilisée pour l’instant au Japon, on utilise habituellement un mélange de graines de plantes et de boue que l’on projette sur le terrain. Un grillage en acier inoxydable sert à retenir ce mélange contre les pluies et permet aux plantes de pousser sans être détruites par la première pluie. La technique serait coûteuse notamment à cause de l’utilisation de pompes pour projeter le mélange. En outre, les graines, importées, nuiraient au maintien de la biodiversité locale, les plantes indigènes pouvant s’installer et menacer les plantes endémiques.
Taisei a déjà testé cette nouvelle méthode sur un terrain de baseball et va poursuivre ses recherches sur différents types de sols et peut-être l’utiliser sur ses propres chantiers de génie civil.
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Crédits photos : Hugues Chataing Bulletins électroniques / Taisei
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