Décryptage du classement des villes les plus innovantes du monde
par Elsa Sidawy | 24.09.10
| Suivante |

Chaque année l’agence australienne 2thinknow qui dédie ses activités à l’innovation urbaine, dévoile un classement des villes les plus innovantes du monde, résultat d’un travail de fourmi et d’analyse de plus de 162 indicateurs différents. Ce classement est réalisé d’après certains facteurs évidents comme la santé ou l’économie locale mais fait la part belle à d’autres plus inattendus, comme la culture. Christopher Hire, directeur exécutif de 2thinknow, revient sur cette classification innovante.
Innov’in the City Pouvez-vous brièvement présenter les activités de l’agence 2thinknow ?

Christopher Hire - 2thinkcom
Christopher Hire L’économie de l’innovation a besoin de nouveaux outils et systèmes de mesure. Créer des outils de communication et des instruments permettant de mesurer, de comparer et de planifier l’innovation : c’est l’expertise qu’apporte 2thinknow. Cette dernière inclut la veille sur les données des villes, l’organisation d’événements locaux sur l’innovation et des rapports d’analyse.
Notre objectif est de gérer les données des villes à travers le monde, à partir de notre bureau de Melbourne en Australie. Notre agence va d’ailleurs probablement prendre de l’ampleur dans les mois à venir, puisque l’économie de l’innovation décolle dans le monde entier.
Nous avons énormément de bonnes idées et un cadre de mise en œuvre pour créer et communiquer sur le changement dans les villes. Nous avons commencé à effectuer une veille et une prospective commerciale sur les villes dès 2005. Malgré notre jeune âge, nous sommes l’entreprise la plus expérimentée dans le domaine de la mesure des économies de l’innovation et à présent nous nous attelons à aider les villes à faire croître leur potentiel d’innovation.
Quelles sont les villes qui apparaissent en tête du classement de l’édition 2010 de l’Innovation Cities Index ?
L’Index 2010 des villes les plus innovantes vient d’être dévoilé. Les villes en tête du classement sont Boston, Paris, Amsterdam, Vienne, New York, Francfort, San Francisco, Copenhague, Lyon et Hambourg. Au Canada, la première ville qui apparaît est Toronto, suivie par Montréal. En Asie, ce sont Hong Kong, Melbourne et Tokyo qui surclassent les autres. Enfin, dans les pays émergents, Abu Dhabi, Dubai et Capetown se taillent la part du lion.
Quelles sont les évolutions qu’a connu cet index au cours des différentes éditions ?
L’index a été conçu pour mesurer la compétitivité des économies dans le champ de l’innovation urbaine. Il s’agit du seul système de mesure, non pas basé sur des brevets ou sur l’état de la recherche, mais sur des réalités concrètes telles que l’art, les musées, les infrastructures sportives et de nombreux services culturels, mais aussi les transports publics, les sources d’énergie (renouvelables) ou encore l’approvisionnement de la nourriture (qualité et proximité des sources).
Après une première étape de recherche en 2005, un premier index a été publié, dans lequel apparaissait seulement 22 des 95 villes étudiées. J’avais personnellement visité 42 des villes incluses. L’index compte aujourd’hui 289 villes à travers le monde.
Nous examinons chaque ville en fonction de 31 critères différents, industriels et communautaires en commençant par collecter 162 indicateurs différents, c’est le point de départ. Ensuite des analystes juniors notent et classent les villes en se basant sur des tendances. Certaines de ces données sont statiques, d’autres changent chaque année, voire chaque mois.
Les critères que nous examinons incluent les arts, les échanges culturels, les sports, la mobilité, l’environnement, les industries, la diplomatie, le commerce, l’économie et j’en passe. Notre classement est le seul à mesurer la compétitivité de ces différents secteurs sur leur performance réelle et pas seulement sur des statistiques ou à partir de brevets déposés. Les brevets constituent pour nous un instrument pauvre de mesure de l’innovation, notre index est donc totalement différent d’autres types de classement que l’on peut trouver par ailleurs.
Tout ceci est classé en 3 facteurs d’économie innovante urbaine : atouts culturels, infrastructure humaine et marchés en réseau. Les villes qui sont bien notées ne sont pas parfaites mais présentent un bon équilibre entre les différents indicateurs.
Sur quoi se base chaque indicateur ?
Les indicateurs sont tirés d’un ensemble de théories émergentes et de théories établies sur les clusters et le développement urbain, de Jane Jacobs et Richard Florida, de l’économiste Schumpeter, d’Everett Rogers de Stanford, de David Landes d’Harvard et de nombreux autres auteurs et professeurs.
Nous avons tendance à nous concentrer sur les idées pratiques et à les rassembler dans le Plan des Villes Innovantes. Tout est résumé dans le Rapport d’Analyse des Villes Innovantes.
Boston est en tête de ce long classement ; qu’est-ce qui rend cette ville si innovante ?
Boston présente des performances équilibrées dans plusieurs secteurs. La recherche médicale, les connections entre les entreprises, Harvard et le MIT ont une grande part de responsabilité dans cette position dominante, mais la ville offre aussi une palette culturelle diversifiée. Boston est une plaque tournante importante aux Etats-Unis, mais sans les inconvénients d’une grande métropole comme New York.
Quoiqu’il en soit, Paris et Vienne battent Boston à plate couture dans le domaine culturel. Les indicateurs dans le domaine de l’art sont au plus haut dans ces deux villes : les musées, galeries, opéras, restaurants… sont parmi les plus importants du monde, ce qui se mesure d’ailleurs concrètement par le nombre de visiteurs étrangers, les critiques positives et d’autres mesures de ce type.
Bien entendu, Paris a plus de problèmes liées à son statut de grande ville mais sa supériorité industrielle dans les domaines du design, de l’art et de la mode est globale.
Comme nous effectuons des mesures par secteur, il apparaît que les villes françaises se portent bien, comme Lyon ou Strasbourg notamment.
| Page 1 / 2 | Suivante |
Sur le même thème : Boston, classement, Melbourne, Paris, Vienne







Yann Rousselot | 29.09.10 à 22.52
Les programmes de crédit d’impôt Recherche, qui existent dans de nombreux pays, sont probablement un facteur important dans l’analyse des villes. Est ce exact ?