Une poubelle à base de chewing-gum pour venir à bout d’un problème très collant
Environnement | Aucune réaction
par Elsa Sidawy | 27.09.10
Face au constat peu séduisant de l’incursion des chewing-gums sur la voie publique, la jeune designer anglaise Anna Bullus a eu l’idée de les récupérer pour les recycler et les transformer… en poubelles à chewing-gums, qui seront à leur tour recyclables. Cette invention à priori anecdotique devrait pourtant permettre d’économiser des millions de livres de frais de nettoyage à l’Angleterre.
Plus de l’équivalent de la moitié de la population mondiale en chewing-gums dans les rues anglaises
Le chewing-gum que nous mâchons de façon presque machinale n’a plus rien de naturel : si sa matière première végétale était auparavant constituée de chiclé, gomme naturelle issue de la sève du sapotillier, cette dernière est aujourd’hui composée d’un caoutchouc industriel, proche de celui utilisé pour la fabrication des pneus. Si le chewing-gum a donc déjà un arrière goût de bitume, son autre gros défaut est sa fâcheuse habitude à envahir les rues des villes de tâches mouchetées disgracieuses et collantes, en faisant l’un des symboles de la société du jetable.
Chaque année, le nettoyage des chaussées envahies de chewing-gums aplatis se monte à 4 millions de livres pour la seule ville de Londres et 150 millions pour l’ensemble de l’Angleterre. 3,5 milliards de ces indésirables sont dispersés dans les rues anglaises chaque année, 30 000 par jour sur la seule rue d’Oxford Street. Pour finir avec ces chiffres collants, le nettoyage d’un chewing-gum incrusté dans le bitume revient trois fois plus cher que son prix d’achat.
La naissance de la Gumdrop bin
C’est en 2006 qu’Anna Bullus a décidé de se creuser les méninges pour sauver les rues des villes anglaises de ces envahisseurs. Cette native de Londres, étudiant le design tridimensionnel à l’université de Brighton, a eu l’idée d’une poubelle fabriquée à partir de vieux chewing-gums, et qui permettrait à la fois de collecter ces derniers et de les recycler. Après 8 mois de recherches et d’essais, la jeune femme a mis au point un polymer à partir de chewing-gums et d’autres ingrédients tenus secrets. Ce BRGP (Bullus Recycled Gum Polymer) est utilisé pour la fabrication de petites poubelles, sous forme de petites boules roses qui, accrochées aux lampadaires ou aux murs, permettent de récupérer à leur tour des chewing-gums. Ces poubelles peuvent, une fois remplies, être récupérées et recyclées en d’autres poubelles. Mais pas uniquement : Anna Bullus avoue qu’elle adorerait utiliser le polymère de son invention pour créer entre autres une réplique des fameuses bottes Wellington ou tout autre objet de design en plastique.
Des tests concluants de la Gumdrop Bin ont permis de vérifier son efficacité : depuis février 2009 à la London Metropolitan University, à l’Orpington College dans le Kent en octobre 2009, dans des parcs d’attraction aux Etats-Unis ou encore cet été au parc Legoland de Windsor.
Si en Angleterre des amendes dissuasives ont permis aux plus indisciplinés des mâcheurs de ne plus laisser végéter leurs chewing-gums en pleine rue, le problème n’est pas complètement résolu. La France serait également bien avisée d’accueillir ces Gumdrop bins sur ses trottoirs, les Français étant champions du monde, derrière les Américains, de mâchouillement sur la voie publique, avec 5 chewing-gums par semaine à leur actif.
En Angleterre toujours, le GumTarget est un simple panneau adhésif sur lequel les mâcheurs de chewing-gums peuvent coller leur gomme plutôt que de l’abandonner sur le trottoir. Si cette méthode est relativement simple, elle est en outre peu coûteuse et s’avère visiblement efficace.
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Crédits photos : portrait Anna Bullus : Pål Hansen / Photos : Gumdrop bin
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