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Jeudi 17 mai 2012

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La maison des Babayagas, une alternative à la maison de retraite et au maintien à domicile

Social | 3 réactions

par Rémy Lombard | 05.10.10

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La maison des Babayagas, ce nom au goût d’amande issue de la mythologie slave, est le premier projet d’habitat groupé auto-géré d’une communauté de femmes du troisième âge, en phase d’être réalisé en France. Rêvée, imaginée et mûrie par Thérèse Clerc depuis 1996, la maison est conçue comme un lieu de vie, une résidence mais aussi un espace d’animation et d’interactions sociales.

La genèse du projet
Comme l’explique Thérèse Clerc, des raisons personnelles ont été à l’origine de l’idée : « ma mère a été grabataire pendant 5 ans et je ne voulais pas faire subir ça à mes enfants. Face aux risques contenus dans le maintien à domicile et à la solitude, je me suis dit pourquoi ne pas vivre avec des copines ? Après tout, j’avais appris le concept d’autogestion ». Avec 12 millions de personnes de plus de 60 ans en France, l’intérêt de telles innovations sociales est grandissant. En Allemagne, déjà 250 projets de ce type existent, impactant la vie de 8 000 personnes âgées.
Pour les Babayagas, c’est la conjoncture qui fut le déclic : « Les statuts de l’association ont été déposés en 1999. Les choses traînaient, puis la canicule de 2003 et un dossier dans le Monde ont tourné les regards vers notre collectif naissant ». Un site pour l’implantation de la maison a été localisé à Montreuil, à quelques pas de la mairie. Le permis de construire est valable depuis le 24 juin et un appel d’offres devrait être mis à soumission dès octobre de cette année.

La conception de la maison
Elle repose sur quatre piliers : l’autogestion, la solidarité, la citoyenneté et l’écologie. L’autogestion, « c’est faire soi-même, par soi même. C’est gérer sans directeur, sans personnel coûteux. On va veiller à la mutualisation de nos moyens, y compris médicaux. Nous allons aménager notre emploi du temps », expose Thérèse Clerc. La solidarité « passe par des gestes extrêmement triviaux comme enfiler un manteau, sortir d’une baignoire, couper une viande ; gestes qui deviennent difficiles lorsque le corps est affaibli ». La citoyenneté est le principal critère de sélection pour faire partie de cette communauté : toutes les Babayagas ont été des femmes engagées, avec une conscience politique forte et le goût de la transformation sociale (appartenance au féminisme, à des mouvements politiques, au monde associatif). L’écologie est traduite dans le bâti, avec des panneaux photovoltaïques et des murs épais, mais aussi dans les modes de vie, avec une écologie sociale et du rapport intime, sans compter en toute logique, l’appartenance à une AMAP pour l’approvisionnement de la nourriture.
Dans l’organisation de la résidence, Thérèse Clerc a imaginé 20 appartements d’une quarantaine de m2, ce qui permet de préserver l’autonomie individuelle et la solidarité collective. Chacune déjeune chez elle, pour éviter trop de promiscuité et une médiatrice extérieure est d’ailleurs prévue pour prévenir tout conflit. Au rez-de-chaussée, sont a priori programmés une université des savoirs et un spa de 12 places, deux dispositifs qui seront de véritables outils sociaux.

De l’utopie au modèle
Si aujourd’hui la définition de l’habitat auto-géré ne fait pas l’unanimité, d’autres expériences d’habitat solidaire ont déjà été expérimentées depuis des siècles ! Dès le XIIème siècle, en Belgique et aux Pays-Bas, les béguinages étaient des compositions de demeures de religieuses soumises à la vie conventuelle, sans avoir prononcé de vœux. Ces organisations restent d’actualité, laïcisées. Par exemple, the Abbeyfield Society s’est développée depuis les années 1960 en Grande-Bretagne et s’est diffusée depuis dans 16 pays. La maison des Babayagas inspire d’autres maisons comme à Saint-Priest. Au fond, l’objectif de Thérèse Clerc, à 83 ans, est de prouver que la vieillesse n’est pas un naufrage, comme le suggérait le général De Gaulle, mais un bel âge : « Vivre vieux, c’est bien ; mais vieillir bien, c’est mieux ! », conclut-elle, un sourire radieux et optimiste aux lèvres.

Pour en savoir plus sur l’innovation présentée dans cet article, contactez-nous à l’adresse contact@innovcity.com

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Vos réactions

anais | 6.10.10 à 21.52

Très intéressant ce projet que je connais bien… Merci Rémy pour cet article qui fait espérer une évolution dans l’habitat et l’intégration des personnes âgées. Je vote pour un droit au bien vieillir opposable !!

Gémard david | 19.10.10 à 15.22

pour information

holtermann | 15.09.11 à 14.10

cette initiative mériterait d’être d’avantage partagée et reproduite dans d’autre région; existe t il un projet similaire en aquitaine ou languedoc rousillon?
je souhaitera avec l’aide de personnes déjà acquise à cette démarche poursuivre la réflexion et la réalisation d’un projet similaire. merci de votre aide

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