Une petite ville australienne met en boîte l’eau en bouteille
Environnement | Aucune réaction |
Rue 89 | Elsa Sidawy | 25.10.10
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A Bundanoon, les embouteillages sont interdits. Ceux des bouteilles d’eau en tout cas. Cette bourgade australienne de 2 500 âmes située au sud de Sydney a gagné une bataille contre l’embouteilleur Norlex Holdings qui lorgne sur ce territoire depuis quelques années déjà, pour y installer une station de pompage et revendre l’eau en bouteilles. Une aberration pour les habitants qui se sont unis au sein de la « Bundy on Tap » (littéralement « Bundy au robinet ») en mars 2009 pour mettre au point une initiative qui puisse sauver leurs nappes phréatiques et accessoirement leurs porte monnaie.
Quelques mois plus tard, les habitants votent en masse à 1 contre et 355 pour la disparition pure et simple de bouteilles d’eau en plastique dans leur ville. La solidarité de mise entre les habitants a permis aux commerçants de ne pas voir leur chiffre d’affaires s’évaporer suite à cette décision. L’alternative proposée à ces derniers a été de vendre des bouteilles réutilisables, vendues de 4 à 29 $, qui permettraient aux habitants d’emporter avec eux l’eau de leur robinet ou celle d’une des 4 fontaines mises en place par la ville suite à cette décision. Et tous les commerçants ont joué le jeu, malgré l’absence de réelle contrainte réglementaire. Depuis les bouteilles réutilisables s’arrachent comme des petits pains, apprend-t-on dans l’article de Rue 89.
Bundanoon a sans doute été la première ville mondiale a bannir l’eau en bouteilles et a intrigué d’autres municipalités dans le monde et des structures publiques comme des lycées. En juillet 2009, ce sont les bureaux et agences d’Etat de Nouvelles-Galles du Sud qui font disparaître les bouteilles en plastique de leur périmètre. En mai 2010, les Etats-Unis qui ingurgitent 26 milliards de litres d’eau embouteillées par an, observent Concord dans le Massachussets, devenir la première municipalité américaine à interdire totalement la vente de bouteilles d’eau en plastique.
Sans revenir sur la gageure environnementale que représente l’eau en bouteille et les guerres médiatiques que se livrent agences de l’eau et industriels, et même si ce projet semble difficilement réalisable dans de grandes villes où les intérêts économiques sont autrement plus importants, il montre que la solidarité entre les habitants peut mener à des changements positifs pour l’ensemble de la communauté.







