« La marche, c’est l’avenir du transport urbain » - Georges Amar, directeur de la prospective à la RATP
par Elsa Sidawy | 11.11.10
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Georges Amar, directeur de la prospective à la RATP et auteur du livre « Homo Mobilis » paru en juin 2010 chez FYP éditions, a expliqué en quoi nous entrons dans un nouveau paradigme de la mobilité, à l’occasion de la conférence « Pas de transports sans design », animée par l’APCI. La nouvelle mobilité devient un élément clé de la vie sociale et la marche la cellule souche de cette mobilité urbaine.
La nouvelle mobilité créatrice des liens
Dans la vision traditionnelle de la mobilité, les déplacements se font pour relier un point à un autre et les transports doivent être en cela les plus rapides et les plus confortables possible, en d’autres mots pratiques et utiles. La nouvelle mobilité au contraire va au-delà du transport utilitariste et sans valeur : « la vie en elle-même est mobile, explique Georges Amar, et n’est plus simplement une parenthèse entre deux lieux ». Le temps lui-même devient un temps à utiliser et non plus un temps perdu : les nouvelles technologies, typiquement les smartphones, vont alors permettre d’utiliser ce temps. Le temps d’attente d’un bus par exemple, que l’on connaît désormais en temps réel, n’est ainsi plus un temps subi mais un temps à exploiter, il peut devenir un moment de détente, une parenthèse : « la mobilité c’est un changement paradigmatique, elle devient un élément clé de la vie sociale », analyse Georges Amar.
Ainsi, la nouvelle tendance de la mobilité pourrait se résumer au concept de la reliance, c’est-à-dire la possibilité de créer des liens intéressants lorsque l’on se déplace : « La bonne mobilité c’est celle qui créé beaucoup de liens ».
La marche, cellule souche de la mobilité urbaine
Une des clés de voûte de ce nouveau paradigme de la mobilité serait la marche, d’après le directeur de la prospective à la RATP, qui n’hésite pas à la qualifier « d’avenir du transport urbain ». Etrange pour un prospectiviste d’une régie de transports publics. Et pourtant « la marche est dans tout », affirme-t-il. En y regardant de plus près, la marche est en effet la colonne vertébrale de tous les autres modes de transports : sans marche, pas de métro, pas de vélo, pas de bus ni de déplacements finalement. « La marche est la cellule souche de la mobilité urbaine », à l’origine même des autres modes de déplacement. Logiquement, « il faut revisiter l’ensemble des systèmes de transports par les pieds » et recentrer la mobilité sur le corps mobile. Ainsi, le trottoir, les bancs publics, les arrêts de bus font partie de l’environnement de la marche et constituent même un prolongement du marcheur.
Le souhait de Georges Amar serait donc que les régies de transports public, dont la RATP, s’intéressent dès aujourd’hui à la façon de marcher dans le métro : vécue aujourd’hui comme pénible, il faudrait en faire une opportunité. D’ailleurs, si les Parisiens sont de grands marcheurs (55 % des déplacements se font à pieds selon Georges Amar), c’est car aujourd’hui il y a un très bon couplage entre métro et marche : le maillage efficace des stations fait que les gens marchent plus facilement. D’ailleurs, conclut le prospectiviste « il y a beaucoup de démarches à Londres notamment pour dire que si les gens faisaient un peu plus de trajets à pieds plutôt qu’en métro, cela soulagerait la saturation ». Si « un kilomètre à pieds, ça use les souliers », ça n’use pas la mobilité !
- Pour en savoir plus sur le réseau « Pas de transport sans design »
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