Bixi, le modèle québécois modulable séduit les villes nord-américaines
par Ville, Rail & Transports | 02.06.11
Un Bixi en guise de cadeau au couple princier de la part du maire de Londres Boris Johnson, une inauguration à Toronto et Ottawa ce mois-ci, à Boston en juillet et en lice à New York… Le système de vélos en libre service modulable et écologique d’origine montréalaise n’en finit plus d’attirer l’attention des villes nord-américaines.
C’est en mars 2010 que le canadien Bixi inaugurait à Montréal son premier système de vélos en libre-service. Depuis Melbourne, Minneapolis, Washington, Londres (son plus grand réseau avec 6 000 vélos et 400 stations), le campus de RIM (Research in Motion, le développeur du Blackberry) et l’université d’Etat de Washington, se sont équipés.
Si certains de ces réseaux sont très modestes (celui de l’université de Washington ne compte que 32 vélos et 4 stations), le modèle fait en tout cas recette et on compte aujourd’hui près de 15 000 Bixi à travers le monde. « Le système repose sur des stations totalement modulables, explique Bérengère Thériault, porte-parole de Bixi. Elles peuvent s’installer ou se démonter en 15 à 30 minutes et fonctionnent à l’énergie solaire. » Pas de travaux, pas d’excavation, pas de branchement. Donc une grande modularité, due à l’origine aux contraintes climatiques de Montréal, qui, avec son niveau d’enneigement l’hiver, avait besoin d’un système facilement démontable.
Souplesse aussi sur les équipements eux-mêmes : pour son implantation dans le réseau londonien, ce sont 60 modifications qui ont été apportées sur les vélos, « les freins notamment ont été inversés en raison de la conduite à gauche », détaille Bérangère Thériault, mais aussi sur les terminaux de paiement.
Derrière la marque Bixi, on trouve la Société de vélo en libre-service (SLVS), créée au Québec en 2008 pour répondre aux attentes de la ville de Montréal. C’est elle qui répond aux appels d’offres, avec un positionnement multiple : elle peut proposer la technologie « seule », vendue avec un suivi technique du projet. Elle répond également parfois avec un partenaire pour fournir le système, l’installer et exploiter le réseau – cela a été le cas pour Londres, où la SVLS a répondu conjointement avec Serco Group, apportant dans ce cas le concept ainsi que des formations techniques et de maintenance. Enfin, comme c’est le cas pour les trois réseaux canadiens de Montréal et bientôt Toronto et Ottawa, la SVLS se présente comme exploitant à part entière, fournissant l’ensemble de la prestation.
La société, qui est aujourd’hui en attente d’attribution de marchés pour une dizaine de villes dans le monde, a également des projets avec de grands groupes hôteliers, en cours de discussion. Sauf si les agitations actuelles autour du sauvetage de cet organisme à but non lucratif par la ville de Montréal, décident du contraire.
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Article original : Marion Bonnet / Ville, Rail & Transports
Crédits photos : Businessweek / Biking Toronto
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