InnovCity

Guides Green Vivo

Dimanche 19 mai 2013

Commenter Partager

L’économie du partage dans le secteur du transport et de la mobilité

Déplacement | 8 réactions

par Adrien Geneste | 06.06.11

une_mobilite-partage_110606

Le 1er juin dernier se tenait à La Cantine, un colloque sur l’économie du partage appliquée au secteur du transport et de la mobilité. Animé par Silicon Sentier et Chronos, le débat a tourné autour de la question de la viabilité de cette activité en pleine expansion.

L’auto-partage : solution d’avenir
The Guardian s’y intéressait dernièrement et outre-Atlantique, le phénomène fait fureur. Présentant le concept, Robin Chase, CEO de buzzcar.com, n’a pas mâché ses mots. « Dans les grandes villes, l’idée de l’auto-partage doit devenir une évidence pour tous » martèle-t-elle. En effet, bien que la notion de covoiturage commence à se répandre dans l’Hexagone, le public français reste encore peu au fait de l’auto-partage. Contrairement au covoiturage, l’auto-partage permet à tout propriétaire de véhicule de mettre celui-ci à disposition d’un autre conducteur lorsqu’il ne s’en sert pas. « La surcapacité et la surpopulation de voitures dans les villes rendent impérative l’idée d’auto-partage entre particuliers. Même les petites entreprises avec des petites flottes de voiture peuvent mettre leurs véhicules à disposition ». Pour Robin Chase, si l’auto-partage apparaît aujourd’hui comme une évidence, dans les années à venir c’est en grande partie grâce aux réseaux sociaux et aux smartphones que le concept devrait se développer, ceux-ci facilitant grandement la mise en relation des différents acteurs.
une_mobilite-partage2_110606

Le covoiturage en pleine expansion
Côté covoiturage, la France n’est pas en reste. Pour Frédéric Mazzela, président-fondateur de Comuto, éditeur de Covoiturage.fr, qui voit la fréquentation de sa plateforme multipliée par deux tous les ans, deux activités de covoiturage bien distinctes sont à prendre en compte. Tout d’abord, l’activité de covoiturage concernant les trajets domicile-travail. Pour ce genre de trajet, « les entreprises doivent mettre en place des plateformes de covoiturage entre salariés ». La seconde activité de covoiturage concerne les voyages longue distance, le plus souvent personnels et reliant des villes telles que Paris et Lyon, sur une distance de 300 kilomètres en moyenne.
Pourtant aujourd’hui, le business model du covoiturage grand public n’est pas encore très clair. Malgré un service viable et une offre considérable permettant de se rendre à peu près n’importe où à n’importe quelle heure, il n’est pas rare de devoir faire face à des annulations de dernière minute, de la part des passagers comme des conducteurs, ce qui entraîne un manque à gagner par rapport au partage des frais envisagé, ou un véritable contretemps pour les passagers. Afin de pallier ce problème, un système de réservation a été mis en place sur covoiturage.fr permettant au passager et au conducteur de s’engager en avance en payant préalablement le trajet, l’argent étant conservé par le site et reversé au conducteur une fois le trajet effectivement réalisé.

La SNCF suit le mouvement
En tant qu’opérateur de mobilité, la SNCF faisait partie de la discussion, par l’intermédiaire de Jean-Louis Jourdan, son directeur du développement durable. Ce dernier s’est arrêté sur la problématique des places de stationnement, qui manquent en effet cruellement aux alentours des gares. Insistant sur le fait qu’il était impossible d’étendre les parkings à l’infini, Jean-Louis Jourdan est donc convaincu que le développement du covoiturage et de l’auto-partage constituent les principales solutions. « Plus les voyageurs se concentrent au sein d’un même véhicule, plus il y aura de places disponibles » a-t-il ainsi brièvement conclu. Dans cette optique, la SNCF prévoit d’installer dans les halls des gares, des écrans indiquant les opportunités de covoiturage ou d’auto-partage disponibles à proximité. Une alternative moins coûteuse que le taxi, et réduisant de fait les coûts pour les conducteurs.

En progression permanente, l’économie du partage dans le secteur du transport et de la mobilité ne semble pouvoir être compromise. Néanmoins, des vides juridiques restent encore à combler et les collectivités doivent dorénavant se lancer dans ce qui semble être l’une des principales solutions d’avenir.

Lire aussi

Crédits photos : Chronos

Sur le même thème : , ,

Vos réactions

Viviane | 7.06.11 à 16.42

Merci pour ce compte-rendu, j’étais également présente à la conférence mais je n’ai pas tout écouté. J’ai cependant rédigé un article sur ce sujet passionnant, disponible à l’adresse suivante : http://www.vivipost.com/2011/0.....-mobilite/

carpooling.fr | 8.06.11 à 07.35

On aurait bien aimé être là!

David | 9.06.11 à 17.03

Une grande part du débat a aussi tourné autour du concept de dé-mobilité. Il est intéressant de voir des opérateurs de transport promouvoir l’idée que + de déplacements n’est 1/ ni générateur de bonheur collectif 2/ ni praticable à l’infini, en particulier parce que les infrastructures ont une limite (penser au cadencement des RER ou des TGV par exemple).

L’économie du partage dans le secteur du transport et de la mobilité | Green Code | 15.06.11 à 10.33

[...] Sur le même thème : auto-partage, covoiturage, mobilité Source : Innov’City [...]

sarahachard@hotmail.fr | 3.07.11 à 11.50

Merci pour ce compte rendu !
Egalement présente… j’avais noté quelques informations qui avaient retenu mon attention. _ l’idée d’un “Peak Car” que Bruno Mazloff avait lu plus tôt dans The Independant .. donc l’obligation de trouver des alternatives… et le passage d’une “voiture possédée” à une “voiture servicielle”_ tout en sachant que “la meilleure de mobilité est celle que l’on ne fait pas”
—le fait que l’offre de Buzzcar se tourne vers le P2P (peer to peer) contournant ainsi le problème de stationnement auxquels font face les systèmes d’autopartage tel que Zipcar (coût pour une place en sous sol : entre 20 000 et 50 000 euros, coût moyen pour un stationnement gares : 3500 euros, Autolib devra s’acquitter de 750 euros par an par place libérée pour son service d’autopartage)
— pour le covoiturage longue distance j’avais noté quatre business models ; 1. abonnement premium, 2. intermédiation, 3. Service as a software, 4. Publicité
—les assurances, n’ayant aucun retour expérience et évitant au maximum le risque, sont un frein au développement des services alternatifs de la voiture (surtout pour l’autopartage) - en ce qui concerne le covoiturage, cette pratique est inclue dans les contrats à partir du moment où il n’y a pas de bénéfices
—la volonté de la SNCF de faciliter une continuité servicielle : mise en place de système favorable au covoiturage, 51 parkings pouvant accueillir des véhicules électriques
— 2 modèles pour structurer l’autopartage et lui donner du poids : faire émerger une marque avec une identité nationale (Mobility en Suisse) ou articuler un système de mobilité structuré autour d’un foisonnement d’initiatives locales et adossé à un opérateur …

La mobilitat compartida en l'era de l'accés | Consum Col·laboratiu | 26.08.11 à 10.52

[...] Chase (Buzzcar) va parlar en acte dedicat a l’economia compartida (gràcies a Innov’in the City per l’article): A les grans ciutats, la idea del cotxe multiusuari hauria de convertir-se en una evidència per [...]

La movilidad compartida en la era del acceso | Consumo Colaborativo | 27.08.11 à 03.43

[...] (Buzzcar) habló en evento dedicado a la economía compartida (gracias a Innov’in the City por el artículo): En las grandes ciudades, la idea del coche multiusuario debería convertirse en una evidencia [...]

Partagez, réagissez, complétez, polémiquez ! Avec respect...

La Web TV des innovateurs

01.03.12 | Vincent Feltesse - Président de la communauté urbaine de Bordeaux

Toutes les vidéos

Agenda Innov'in The City