Fontainebleau, futur laboratoire d’innovations vertes ?
Environnement | Aucune réaction
par Elsa Sidawy | 22.06.11
Favorisée par un patrimoine historique et naturel qui a fait sa renommée, la ville de Fontainebleau pourrait se passer de réfléchir à sa conversion écologique. Mais la municipalité souhaite au contraire devenir un laboratoire d’expérimentations de solutions innovantes à ciel ouvert. Pour la soutenir dans cette démarche vertueuse, l’Agence Régionale de l’Environnement et des Nouvelles Energies (ARENE) a financé fin 2009 une stratégie post-carbone, dont le déploiement a été soutenu par la Caisse des Dépôts et Consignations et la Communauté de Communes de Fontainebleau - Avon.
Au-delà de la durabilité, l’enjeu est de « rendre le territoire plus vivant et de maintenir la population sur place », pointe Thierry Vincent, chargé de développement à l’ARENE et grand manitou de ce dossier. Pour la structure francilienne, cette démarche expérimentale et prospective a d’ailleurs vocation à s’étendre à d’autres territoires franciliens. Pourquoi avoir choisi cette petite ville de 17 000 habitants ? Pour le défi, laisse entendre l’expert. Car si le territoire possède de nombreux atouts (réseau haut débit, grande diversité de jardins familiaux, géothermie, carrefour commercial et touristique), il pêche par sa structure urbaine vieillissante et ses bâtiments classés, sur lesquels il sera difficile de gagner des points d’efficacité énergétique.
Cumuler les expérimentations pour sortir du lot
Les leviers d’actions portent sur quatre grands axes : l’alimentation avec la volonté à terme de parvenir à l’autosuffisance alimentaire du territoire, le bâtiment avec la rénovation du parc immobilier, les transports avec l’essor d’une filière de transports durables et enfin l’emploi local afin de valoriser les ressources de proximité. Pour mettre en œuvre ces propositions, les premières réflexions portent entre autres sur la création d’un centre de télétravail, qui accueillerait « une centaine de personnes dans un premier temps ». Histoire d’inciter progressivement les quelques 7 000 bellifontains qui se rendent chaque jour en voiture à leur travail à opter pour le travail à distance. Côté déchets, une usine de méthanisation pourrait permettre de valoriser la production des 30 000 tonnes annuels de déchets équins. Les transports ne sont pas en reste et la création d’une liaison avec prêt de voitures et vélos électriques serait également à l’étude. Un programme certes chargé mais qui ne se démarque pas réellement des Agendas 21 déployés par tant d’autres villes.
10 actions lancées dès 2011
Préférant l’action aux plans incertains, Thierry Vincent avoue que « ces expérimentations existent ailleurs. Mais à Fontainebleau, en les cumulant, on fait de la ville un lieu à part ». Inutile donc de s’embarrasser d’un calendrier et d’un programme de déploiement précis. Aujourd’hui, Thierry Vincent s’est toutefois engagé à ce qu’une dizaine d’actions « soient irréversiblement lancées en 2011, pour permettre de donner une traduction opérationnelle à cette stratégie et ne pas attendre 2020 pour parvenir à une ville post-carbone ».
Mais qui règle la facture ? « Je lance un projet, après accord de la mairie et charge à moi de trouver les investisseurs, les opérateurs pour le concrétiser », souligne Thierry Vincent qui parle déjà de « marketing territorial » pour appuyer la mise en œuvre des projets. Ce dernier a en tout cas su se rendre indispensable : « la vraie difficulté pour ces communes est d’être capable d’incarner l’innovation, de passer du discours aux actes et pour cela il faut qu’il y ait une aide extérieure, sinon ils n’y arrivent pas », justifie-t-il.
Pour en savoir plus, contactez-nous à l’adresse contact@innovcity.com
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- Article original sur Cleantech Republic
Crédits photos : Ville de Fontainebleau
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