A Lyon, l’eau des parkings sert à climatiser un théâtre et arroser les espaces verts
Environnement | Aucune réaction |
Servir le public | Elsa Sidawy | 15.07.11
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Sous les pavés, la plage ou plus exactement sous les parkings, la nappe phréatique. A Lyon, une entreprise gestionnaire de parkings a voulu tirer un bénéfice environnemental d’une activité qui ne l’est pas vraiment. Lyon Parc Auto a ainsi mis en œuvre une méthode originale pour valoriser l’eau pompée sous ses ouvrages.
Sous les voitures, un pompage en continu
Alimentée par le Rhône et la Saône, la nappe phréatique de la cité lyonnaise se trouve à seulement 4 à 5 m de profondeur. Un véritable casse-tête pour les constructeurs de parkings souterrains puisque les travaux nécessitent de pomper l’eau afin qu’elle ne s’infiltre pas dans les fondations de l’ouvrage. Pour s’assurer de l’étanchéité des parkings, qui peuvent atteindre 5 à 7 niveaux, et éviter que les voitures garées ne finissent dans le Rhône, la Société d’Economie Mixte (SEM) effectue un pompage de l’eau en continu. Et le débit peut atteindre 1 000 m3 par endroits. « Pour éviter la poussée d’Archimède, due à d’inévitables infiltrations dans ces structures géologiques, il est indispensable de pomper régulièrement l’eau en sous-sol », explique François Gindre, directeur de LPA, cité par Patrick Cros dans son article publié sur « Servir le public ».
Réutiliser l’eau de pompage pour les espaces publics
Coûts d’entretien et consommation énergétique sont les principaux inconvénients de ce système de pompage en continu où l’eau est directement renvoyée dans la nappe phréatique. Il s’avère pourtant que l’eau extraite 25 mètres sous terre peut atteindre 16 °C. Lyon Parc Auto a donc innové en récupérant le débit et les calories de cette eau pour divers usages publics.
Ainsi, à Villeurbanne, le précieux liquide sera utilisé pour climatiser gratuitement les 800m2 des salles de spectacles du Théâtre national populaire, actuellement en rénovation. « L’installation, financée par la ville à hauteur de 38 000 euros, garantira un débit permanent de 100 m3/heure, soit un quart de l’eau pompée sous le parking situé à quelques mètres du bâtiment », précise Alain Lemay, responsable technique de LPA.
Toujours à Villeurbanne, l’eau pompée alimente déjà les bassins d’agrément et sert à l’arrosage des espaces verts. A Lyon, l’or bleu récupéré alimente intégralement le lac du parc de la Tête-d’Or dont le niveau est ainsi maintenu stable tout au long de l’année. Côté rive gauche, le parking de la Fosse permet l’arrosage des espaces verts sur les berges aménagées le long du Rhône.
L’entreprise, qui gère actuellement 13 parcs de ce type dans l’agglomération, n’a pas inventé l’eau chaude mais a trouvé comment l’exploiter à bon escient.
Crédits photos : DR
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