Le projet européen LINKS : pour des centres urbains durables et désirables
par Elsa Sidawy | 29.07.11
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Les villes européennes sont sous bonne escorte. A l’initiative de la ville de Bayonne, le projet LINKS (Low tech INherited from the old europen cities as a Key of performance and Sustainability), intégré au programme européen URBACT, vise à réfléchir à la façon de concilier le patrimoine ancien des villes historiques avec les enjeux du développement durable. L’objectif ? Rien de moins que faire de ces centres urbains les éco-quartiers de demain et redonner un sentiment d’appartenance aux habitants de villes parfois transformées en musées à ciel ouvert. Depuis 2010, neuf villes partenaires se rencontrent afin de former un véritable laboratoire d’expériences. Entretien avec Frédérique Calvanus, coordinatrice du projet LINKS pour la ville de Bayonne.
A quelles problématiques la ville de Bayonne s’est-elle retrouvée confrontée pour en venir à initier un projet européen ?
On est partis d’un débat entre les tenants de la préservation et ceux du développement durable. En réalisant un certain nombre d’études sur les bâtiments anciens de Bayonne, on s’est aperçus que les choses, loin de s’opposer, allaient dans le même sens : ces bâtiments sont en fait très performants sur le plan énergétique, grâce notamment à la forme urbaine très étroite et très dense qui caractérise la ville. Leur préservation est donc loin d’être incompatible avec les préceptes du développement durable. Nous nous sommes rendus compte que les solutions les plus adaptées aux comportements des bâtiments anciens étaient des solutions d’éco-restauration. On s’aperçoit qu’avec des matériaux dits écologiques, on respecte beaucoup plus le comportement de ces bâtiments. Ce qu’on vise in fine, c’est la performance énergétique, la réduction de l’impact environnemental, l’amélioration de la santé des habitants et des artisans et un bénéfice pour l’économie locale.
Quel a été le postulat de départ ayant mené à la mise en place du programme LINKS ?
« Les centres historiques sont les éco-quartiers de demain », un postulat général et un peu accrocheur qui signifie que les partenaires de LINKS travaillent sur plusieurs dimensions, urbaine, sociale, culturelle, environnementale et économique, de manière à ce que l’éco-restauration soit un vecteur de croissance verte pour les villes, donc un atout pour les économies locales.
On s’aperçoit que la ville ancienne a d’énormes vertus pour être un modèle de développement durable : elle est économe en espace, en déplacements, construite avec des matériaux locaux peu transformés et peu consommateurs d’énergie… La focale de LINKS a été de dire : comment conforter cette politique pour transformer ces villes durables en villes désirables ?
Comment s’organise ce programme, s’agit-il d’un échange de bonnes pratiques dans le cadre duquel chaque partenaire contribue en fonction de ses thématiques de prédilection ?
Tout à fait, c’est un échange d’expériences et de bonnes pratiques sur les thèmes pré-cités et sur des situations qui sont assez similaires dans chacune des villes. Toutes les villes partenaires subissent en effet les mêmes déséquilibres : vie nocturne qui rentre en concurrence avec la qualité résidentielle, gestion difficile de la voiture, centres historiques écartelés entre un phénomène de gentrification et de paupérisation… A partir de là, les villes échangent sur les bonnes pratiques dans le cadre d’un cycle de six séminaires européens. En février dernier, nous nous sommes par exemple rendus à Almeria en Espagne pour travailler sur les facteurs d’attractivité de la ville ancienne et les moyens de cerner les attentes sociales au regard de la vie moderne.
Quelles ont été les conclusions du séminaire d’Almeria ?
La ville d’Almeria est la ville du réseau ayant la plus grande pratique de la démocratie participative. Depuis des années, la collectivité effectue notamment un travail avec la population d’un quartier gitan qui connaît de graves problèmes de paupérisation. Ils ont axé leurs efforts sur des projets d’éco-restauration, sur la condition des femmes… afin de les aider à retrouver une certaine fierté.
La ville d’Anderlecht, dans la banlieue de Bruxelles, a quant à elle réalisé une étude de marketing urbain pour essayer de raccrocher des quartiers en déshérence.
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