A Nantes, l’épicier d’art vend des œuvres à petits prix
par Adrien Geneste | 07.09.11
Claude Savinel a créé le principe de l’épicier d’art en 2002. Implanté pendant plus de 6 ans à Nantes, cet ex-chef d’entreprise et artiste peintre depuis toujours, avait une première fois fermé boutique en 2008 afin de se consacrer à un tour du monde à vélo. Néanmoins passionné par l’expérience, Claude Savinel s’est réinstallé en début d’année, toujours accompagné de son acolyte Rodolphe Chupin à seulement quelques dizaines de mètres de son ancien emplacement. Avec une seule et même idée en tête : démocratiser l’art « pour que chacun puisse en acheter et que tout le monde puisse exposer », peut-on lire sur le site de l’association.
Lorsque l’on entre chez l’épicier d’art, on peut penser au premier abord qu’il y a erreur sur les prix. S’échelonnant de 10 à 200 euros, jamais plus, une majorité de toiles, mais aussi quelques photographies et un petit nombre de sculptures exposées dans la boutique, affichent des prix défiant toute concurrence. Pourtant, l’épicier d’art, qui touche 40 % sur chaque vente, ne brade pas les œuvres qu’il expose. Possédant le statut d’association, la structure, qui présente pas moins de 1 500 œuvres réalisées par plus de 300 artistes de tous styles a pour but de permettre a tous les peintres et sculpteurs se trouvant hors du circuit élitiste des galeries d’art de pouvoir être vus, et même vendus, et ce à travers ce lieu d’exposition dans lequel les prospecteurs de nouveaux talents n’hésitent pas à venir flâner. De leur côté, les artistes ayant du mal à s’exposer au public ont l’opportunité de vendre. Néanmoins si au bout d’un mois les œuvres déposées ne sont pas vendues, le créateur de celles-ci se doit de les récupérer.
Une épicerie qui ne désemplit pas
Chez l’épicier d’art, s’il y a une chose qui peut rivaliser avec le nombre d’oeuvres d’art proposées au sein de la boutique, c’est le nombre de personnes qui la fréquentent. Entre simple curiosité ou réel intérêt pour l’art, le profil des personnes qui visitent les lieux sont aussi divers et variés que les artistes qui y exposent leurs toiles. La boutique de Claude Savinel, en plus d’être un lieu de vente, se révèle être un véritable lieu d’échange et de rencontres. Tout le monde est invité à rentrer : pas d’invitation à présenter à l’entrée, et pas de bagages de connaissances à apporter. Ce qui compte avant tout, c’est l’émotion. Ainsi, les professionnels comme les amateurs, simplement attirés par la devanture de la boutique pas comme les autres peuvent s’aventurer dans les locaux de l’épicier et ainsi découvrir, apprécier, et même acheter une véritable œuvre d’art.
A travers ce lieu qu’il a créé, Claude Savinel approche ainsi de plus près son idéal, démocratiser l’art, et plus particulièrement la peinture, afin de combattre la vision élitiste que celui-ci dégage souvent. Loin de tout but commercial, l’association combat la logique du profit à tout prix, suivant le principe selon lequel « la pérennité d’une œuvre se joue dans le temps des idées et non de la spéculation ». Ayant déjà permis à de jeunes artistes de se faire connaître, l’épicier d’art devrait très vite prendre de l’importance dans le milieu.
Crédit photo : L’épicier d’art







yann | 14.09.11 à 13.05
voilà une initiative qui pourrait t’inciter à regarder ce qui se fait du côté de Nantes côté art …
Et s’il y avait plus d’opportunités là bas pour ton projet ?