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Jeudi 23 mai 2013

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La ville numérique, facteur d’innovation

Social | 2 réactions

par Elsa Sidawy | 07.10.11

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Le développement tous azimuts des technologies de l’information et de la communication contribue-t-il à stimuler l’innovation dans les villes ? C’est à cette question qu’ont tenté de répondre les participants à la table-ronde « La ville numérique, facteur d’innovation pour les entreprises et les citoyens ? », à l’occasion de la Conférence des Villes, organisée par l’Association des Maires des Grandes Villes de France (AMGVF), le 28 septembre dernier à Paris.

Le haut débit : un coût de 20 à 30 milliards d’euros
Plutôt que de dresser un état des lieux de l’ensemble des innovations numériques déployées par les élus présents, la table ronde a surtout permis de poser la question de l’accès au haut débit, des conséquences économiques pour les collectivités et de l’inéluctable fracture numérique que son développement sous-tend.

« Le très haut débit est une problématique beaucoup complexe aujourd’hui car l’économie du secteur a totalement changé depuis vingt ans », a d’emblée rappelé Stéphane Richard, PDG d’Orange, comme pour désamorcer toute critique. Le monopole détenu par son entreprise lors du déploiement du téléphone aurait permis à la France de se doter d’un réseau téléphonique compétitif et moderne. Aujourd’hui, la démultiplication du nombre d’acteurs et de contraintes juridiques (Bruxelles, Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP)…) font que le haut débit ne peut qu’accoucher dans la douleur, semble dire l’opérateur. Pour Stéphane Richard, il faudra dépenser « entre 20 et 30 milliards d’euros » pour équiper les Français en haut-débit. Le groupe s’était engagé l’an dernier à débourser deux milliards d’euros d’ici à 2015 pour équiper les zones les plus denses.

Le haut débit : facteur de fracture numérique ?
Un engagement mi-figue mi-raisin pour Maurice Vincent, qui met les pieds dans le plat en évoquant la problématique de la fracture numérique. Selon le maire de Saint-Etienne « dans le domaine du déploiement, les grandes villes sont forcément au cœur du système. Ces réseaux donnent la priorité aux zones denses pour des raisons économiques évidentes », laissant de fait de côté les zones moins denses et rurales. L’élu s’est également interrogé sur le financement du modèle : est-ce aux collectivités et donc aux citoyens de payer ? Et « toutes les familles et les habitants d’une grande ville vont-ils vouloir bénéficier de ces technologies ? ». Le haut débit est une condition sine qua non de la compétitivité des territoires, martèle le patron d’Orange, mais « il faut faire preuve de solidarité via le co-investissement entre les opérateurs, les collectivités et l’Etat ».
Maurice Vincent a également tenu à rappeler que le déploiement des espaces publics numériques (EPN) sur le territoire constituait déjà un investissement fort de la part des collectivités pour réduire la fracture numérique : « les espaces publics numériques fonctionnent très bien ; il faudrait également imaginer de pouvoir former les jeunes à maîtriser ces technologies et porter un regard critique sur les dérives possibles… ».

Afin de désamorcer la grogne, Stéphane Richard a tenu à souligner que « la fibre est commercialisée au même prix que l’ADSL, c’est déjà un geste très fort. Le prix de marché de l’ADSL est d’ailleurs parmi les plus bas d’Europe et du monde ».
Evoquant la mise en place d’un tarif social à 23 euros pour les ménages les plus modestes (voté le jour même par les députés (projet de loi sur la protection des consommateurs), ndlr), le PDG du groupe Orange a rappelé que la fibre n’était pas le seul moyen d’apporter le très haut débit.  Moins d’une semaine avant la tenue de la table-ronde, l’ARCEP avait d’ailleurs attribué des licences à Orange, Free, Bouygues et SFR, pour le déploiement de leur réseau 4G (très haut débit mobile).

La ville de Caen s’est engagée il y a quelques années dans le domaine du numérique. « La Région a accompagné en 2005 plusieurs industriels, dont Orange Labs et Philips semi conducteurs, qui a inventé la technologie NFC, pour mettre en place un pôle de compétitivité » (Transactions Electroniques Sécurité), a expliqué Philippe Duron, le député-maire de Caen.
La ville, qui avait déjà expérimenté un système de paiement par carte sans contact en 2007, fait d’ailleurs partie des villes sélectionnées par le ministère de l’Industrie pour lancer des projets pilotes de déploiement de services mobiles sans contact dans le cadre de l’appel à projets « objets communicants et sans contact ». « On va vers une ville hyper-connectée », confirme l’élu. Au programme notamment, Caen propose aux touristes munis de smartphones un circuit de découverte historique de la ville (parcours Guillaume le Conquérant). En collaboration avec Orange, la ville a également lancé fin septembre « M Stadium » permettant de dématérialiser les billets d’entrée pour les matchs du stade Malherbe de Caen grâce à la technologie NFC intégrée à certains mobiles : le système « va être déployé tout au long de l’année et permettra à l’organisateur d’être plus opérationnel dans l’écoulement des visiteurs, d’assurer plus de sécurité et à l’usager d’avoir infiniment plus d’informations (feuille de match, interviews des joueurs…) ». Côté transports, la ville et le syndicat mixte des transports de l’agglomération, Vivacités, ont équipé 1 100 arrêts de bus et de vélos partagés de flashcodes et de tags NFC. L’objectif ? Connaître les horaires des transports en temps réel et « permettre à chaque usager de construire un programme de déplacements, de façon à rendre la vie en ville beaucoup plus commode ».

Crédits photos : AFSCM - Camille Chauvel

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Alex URBACT | 4.11.11 à 11.47

La question de la fracture numérique se pose également en termes de compétitivité (au sens de compétition) et d’attractivité des territoires.
Les moyennes et grandes villes ainsi que les métropoles sont les acteurs urbains privilégiés pour accueillir et développer un accès numérique performant et généralisé.

Cependant quelques petites et moyennes villes en Europe ont décidé de travailler en commun afin de développer des bonnes pratiques au service des petites villes en matière d’attractivité technologique et d’innovation.

Dans le cadre d’URBACT (http://urbact.eu/), programme européen de développement urbain durable réunissant 300 villes européennes au sein de plusieurs projets urbains, 9 petites villes européennes coopèrent sur cette question au sein du projet Creative Clusters (http://urbact.eu/en/projects/innovation-creativity/creative-clusters/homepage/) ; Des villes comme Viareggio en Italie, Barnsley au Royaume-Uni ou encore Obidos au Portugal, échangent leurs expériences et plans d’action en matière de développement de pôles de compétitivité dans les aires urbaines à faible densité, avec tous les impacts associés en termes d’accessibilité, de vie culturelle, de facilités technologiques etc.

La finalité de ce projet est de permettre aux villes partenaires du projet de penser la créativité et l’innovation comme objectif de développement économique et social, ainsi de repenser le développement rural dans ce cadre, étant donné l’arrière-pays de chacune des villes partenaires.

Pour plus d’informations :

- Site web du projet Creative Clusters : http://urbact.eu/en/projects/i...../homepage/

- Page d’accueil des projets URBACT en matière d’innovation : http://urbact.eu/en/header-mai.....reativity/

Jean-Pierre Jambes | 20.03.12 à 07.49

Article intéressant. Merci. Juste un détail, lorsque vous parlez de haut débit, vous faites en fait allusion au TRES haut débit qui suppose en effet de redéployer des infrastructures le plus souvent fibre optique sur les plaques locales. Le haut débit lui utilise majoritairement le DSL via les réseaux cuivre. plus d’inf sur http://numericuss.com. Inventez ou penser la ville de demain à trés haut débit est un domaine dans lequel votre site est attendu. Bravo encore pour la qualité de vos productions. Bonnes suites

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