Romainville inspirée par la collecte des déchets par aspiration pneumatique
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Le Monde | Elsa Sidawy | 21.10.11
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Samedi 15 octobre, les quelques 6 000 habitants des quartiers Marcel Cachin, Youri Gargarine, Amitié et Ouradour à Romainville, ont pu assister à l’inauguration du premier service de collecte des déchets par aspiration pneumatique de France. Au total, 106 bornes de collecte ont été installées aux pieds des immeubles afin de recueillir les déchets ménagers et les emballages recyclables de ces 2 602 logements. De l’extérieur, rien ou presque ne les distingue des conteneurs enterrés dont se sont équipées de nombreuses villes ces dernières années. L’innovation se cache en réalité sous terre, où quatre kilomètres de tuyaux serviront à acheminer les déchets vers une unité de compactage. Comme le rappelle Sophie Landrin, dans son article du Monde du 11 octobre 2011, l’avantage du système est de fonctionner en vase clos : les déchets déposés par les habitants sont momentanément stockés dans des cuves. Lorsqu’un poids minimal est atteint, les sacs sont aspirés par appel d’air à une vitesse de 70 km/h jusqu’à atteindre le terminal. La collecte sera réalisée une fois par jour par un camion vers les centres de recyclage ou de traitement des déchets.
La commune de Seine-Saint-Denis espère ainsi diminuer la pollution visuelle et olfactive liée à la circulation des camions poubelles. La ville table également sur une diminution des coûts de collecte, le nombre de kilomètres parcourus devant être divisé par trois par rapport à un système de collecte classique. Les habitants eux aussi pourront voir leurs charges baisser, jusqu’à 120 euros par an, selon la ville.
Plus de 600 installations dans le monde
La société suédoise Envac, partenaire de Veolia Propreté sur ce marché, n’en est pas à son coup d’essai et comptabilise plus de 600 installations de ce type à travers le monde. La plupart des grandes villes suédoises sont équipées du système. Ailleurs, l’Espagne fait figure de pionnière : une première installation à Barcelone en 1992 à l’occasion des Jeux Olympiques, suivie par Bilbao, Valence, Séville et Carthagène. En région Ile-de-France, la ville des Lilas devrait se greffer au dispositif de Romainville dès 2013. L’éco-quartier du fort d’Issy-les-Moulineaux et celui des Batignolles à Paris, mais aussi Vitry-sur-Seine et Saint-Ouen devraient également s’équiper.
Un investissement prohibitif
Le plus gros frein de ce dispositif reste aujourd’hui le coût d’investissement : sur cette opération de 10 millions d’euros, Romainville aura déboursé 2,8 millions d’euros, le reliquat étant financé par la communauté d’agglomération Est Ensemble, l’Ademe, la Région Ile-de-France, l’Union Européenne, le Fonds National d’Aménagement et Développement du Territoire (FNADT) et le fonds Feder. Un investissement amorti sur trente ans, selon la municipalité. Une lourde charge, que ne peuvent se permettre toutes les collectivités sans un montage financier judicieux, à l’image de Narbonne, qui a stoppé la construction de son installation pour raisons financières en 2006.
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Crédits photos : groupe Envac
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