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Mardi 21 mai 2013

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Autolib’ démarre à Paris sur les chapeaux de roue

Déplacement | 1 réaction

par Elsa Sidawy | 08.12.11

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Devant un parterre de journalistes internationaux et d’élus locaux, le service Autolib’ a officiellement été inauguré lundi 5 décembre près du Châtelet, à l’endroit où quatre ans auparavant, la ville de Paris inaugurait le désormais célèbre Vélib’. Un modèle et un succès dont se sont d’ailleurs inspirés la ville et le groupe Bolloré pour lancer ce service de voitures électriques en libre service.

Rendre la ville plus propre et démocratiser l’électrique
« Il y a quatre ans, nous inaugurions le Vélib’. C’était une innovation, un risque, qui déclenchait beaucoup de scepticisme, voire de sarcasmes. C’était surtout un projet cohérent », a indiqué le maire de Paris à l’occasion du lancement d’Autolib’. Comme son prédécesseur, le nouveau service offert aux usagers se veut avant tout écologique. « Je reviens de Chine, où certains matins dans les villes, il faut tirer des feux d’artifice pour essayer de dissiper la pollution. Autolib’, qui n’émet aucun bruit ni émissions polluantes est aujourd’hui une chance de changer la ville », a déclaré à son tour Vincent Bolloré. Et l’industriel compte sur ses 3 000 Blue cars électriques pour rendre la ville plus respirable. Le PDG du groupe, qui a remporté l’appel d’offres en décembre 2010, a rappelé qu’en France, au mois de novembre, seules 250 voitures électriques ont été immatriculées, « dont 150 Blue cars ». Un chiffre dérisoire que l’industriel souhaite voir grimper au profit des usagers du service Autolib’. « D’habitude, seules quelques hautes personnalités peuvent essayer les biens de très haute technologie. Maintenant les Franciliens vont pouvoir utiliser ce produit qui peut révolutionner le monde ».

De l’électricité d’origine nucléaire pour les faire rouler ? Des batteries dont le lithium, un minerai rare, provient de Bolivie ? Qu’importe, l’industriel indique avoir réalisé de gros progrès sur la capacité de ses batteries et croit au projet Autolib’, dont le succès espéré pourrait lui assurer une vitrine internationale de choix. Mais pour être parfaites, ces petites citadines électriques devront, en évoluant, se faire encore plus propres : « Nous voulons que dans l’alimentation de cette voiture, la part des énergies renouvelables soit la plus grande possible », a estimé Bertrand Delanoë. Si les toits solaires et les éoliennes de rétroviseurs ne sont pas pour tout de suite, le maire de Paris a adressé un nouveau message aux adversaires du système, au sein même de sa propre majorité et aux villes qui ont décidé de ne pas rejoindre le mouvement : « contrairement à quelques conservateurs, je ne pense pas que la ville moderne et non polluée est une ville où il ne doit y avoir aucun déplacement en voiture ».

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Vincent Bolloré, Jean-Paul Huchon et Bertrand Delanoë - Inauguration d'Autolib'

Une voiture au plus proche des réseaux de transports en commun
Plus que le nombre de voitures en augmentation sur la voirie, les détracteurs d’Autolib’ redoutent avant tout le report modal des usagers des transports en commun vers ces voitures partagées. Mais le maire de Paris a rappelé que le combat était ailleurs. L’emplacement des 1 100 stations a été pensé pour être connecté le plus directement possible au réseau de transports en commun existant, sur l’ensemble des 46 communes ayant intégré le syndicat mixte Autolib’. L’ambition va plus loin : le syndicat vise une réduction du parc privé de 22 500 véhicules, 18 000 places de stationnement libérées et une réduction annuelle de 260 000 tonnes d’émissions de CO2. « Le vrai progrès c’est de donner aux citadins la liberté du choix : je souhaite que ce nouveau dispositif fasse que les 40 % de Parisiens propriétaires d’une voiture ne dépensent plus 5 000 euros chaque année », a ajouté Bertrand Delanoë. La municipalité veut ainsi faire d’Autolib’ un maillon supplémentaire de la chaîne de multi-modalité francilienne et non se poser en rival des autres modes. La ville continuera à soutenir l’auto-partage et les transports en commun, a confirmé l’élu. Du côté de la Région, on applaudit également l’initiative : « La région Ile-de-France et la ville de Paris progressent vers une amélioration des transports qui avait été délaissés pendant pratiquement vingt ans », a estimé Jean-Paul Huchon, Président de la Région Ile-de-France. L’élu a ajouté que ce pari technologique et organisationnel permettait également de créer un millier d’emplois non délocalisables.

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Une borne de recharge Autolib'

Une campagne de sensibilisation ?
Les premiers utilisateurs croisés semblent conquis par la petite citadine « agréable à conduire malgré l’appréhension quand on n’a jamais conduit d’automatique », s’exclame un Parisien croisé à l’une des stations de la rue des Pyrénées, dans le 20e arrondissement. « Le mois prochain je lâche ma voiture ! », poursuit-t-il.

Premier soubresaut : à la fin de la première journée, Autolib’ déplorait son premier accident. La faute serait peut-être imputable à l’absence de bruit du véhicule, qui a surpris un piéton. Après la vaste campagne de communication, la ville devra sensibiliser les autres usagers de la voirie aux dangers que peuvent entraîner la circulation de ces véhicules inconnus de tous. Bertrand Delanoë s’y est engagé : « à chaque étape, tout ce que nous allons constater pour l’amélioration du service, nous allons auto-corriger notre propre bébé pour qu’il soit parfait dans six mois ». Premier bilan à mi-course, cet été donc, lorsque les touristes estivaux voudront à leur tour profiter de cette « première mondiale ».

Autolib’ en chiffres

  • 250 voitures électriques sur 250 stations (50 abritées) / 3 000 voitures sur 1 100 stations d’ici fin 2012 (700 à Paris et 400 en banlieue)
  • Dimensions des véhicules : 3,65 m (longueur) / 1,70 m (largeur) / 1,61m 
(hauteur) / 1120 kg (Poids total à vide)
  • Autonomie : 250 km

 (cycle urbain) / 150 km (cycle extra urbain)
  • Puissance max 50 kW / 
Puissance nominale 35 kW / 
Batterie BatScap Lithium Métal Polymère 30 kWh
  • Vitesse max 130 km/h (limitée électroniquement)
  • 46 communes partenaires
  • Investissement : le groupe Bolloré a investi 1,5 milliard d’euros / chaque commune contribue à hauteur de 50 000 euros par station / La Ville de Paris a investi 35 millions d’euros
> Retour sur Investissement : estimé à 7 ans avec 80 000 abonnés
  • Trois formules d’abonnement :
    > à la journée : 10 euros + 7 euros la première demi-heure, 6 euros la deuxième et 8 les demi-heures suivantes
    > à la semaine : 15 euros + 7 euros la première demi-heure, 6 euros la deuxième et 8 les demi-heures suivantes
    > à l’année : 12 euros par mois + 5 euros la première demi-heure, 4 euros la deuxième, et 6 euros les demi-heures suivantes.
    > caution (non encaissée) : 250 euros.
    > les particuliers possédant un véhicule électrique (voiture, scooter) peuvent se brancher aux bornes de recharge pour un abonnement de 180 euros par an (15 euros pour les scooters électriques).

Crédits photos :  Mairie de Paris - Henri Garat (Une) / Elsa Sidawy - Innov’ in the City

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Vos réactions

Munier | 9.12.11 à 22.16

Lorsque l’on s’informe un peu plus, on voit que le véhicule électrique n’a aucun avenir possible. Car il faut la nourrir la bête !

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