« L’open data est un terreau qui peut être très fertile pour les collectivités »
par Calixte De Procé | 20.02.12
Dans la Région Aquitaine, l’open data se décline à travers plusieurs initiatives. Trois organismes, la Communauté Urbaine de Bordeaux, le Conseil Régional d’Aquitaine et le Conseil Général de Gironde travaillent de concert à l’ouverture des données publiques dans la région. Interview de Pascal Romain, chef de projet informatique pour le Conseil Général de Gironde.
———————————————————————————————————————
Innov’ in the City Dans quel contexte le programme open data est-il né ?
Pascal Romain : Le projet d’ouverture des données est né de la volonté du président de la Communauté Urbaine de Bordeaux (CUB), Vincent Feltesse, en septembre 2010. Cette dernière a dès lors travaillé en collaboration avec le Conseil Régional d’Aquitaine et le Conseil Général de Gironde. La première réflexion a porté sur les usages et les données qui pourraient être publiées. La CUB a ensuite publié son portail open data en mai 2011 et celui de l’association Gironde / Aquitaine a suivi deux mois plus tard. Aujourd’hui, il y a toujours un travail commun de croisement de données. Mais ces derniers conservent deux portails bien différents.
Comment s’est fait le travail de récupération des données ?
Outre la volonté commune de plusieurs personnes de réaliser un projet open data, d’autres organismes se sont beaucoup impliqués. L’agence Aquitaine Europe Communication a fourni un travail important dans la récupération des données publiques. Les directeurs de systèmes informatiques ont également beaucoup œuvré à la collecte d’informations.
Actuellement, où en est votre travail de collecte au sein du Conseil Général de la Gironde ?
Au départ, nous n’avions que trois thématiques, à savoir l’environnement, les transports et les services de proximité. Aujourd’hui, nous allons chercher de nouveaux services techniques afin d’étoffer nos données. L’idée est que le site devienne un vrai portail de référencement et de services grâce à un moteur de recherche.
Avez-vous certaines difficultés à obtenir des données publiques ?
Il existe une barrière technique. Notre travail est aussi de montrer les avantages de l’open data. Grâce à notre portail, de nouveaux services peuvent être crées, et ceux déjà en place gagnent en visibilité et en référencement. Nous travaillons beaucoup le relationnel avec les communes. L’enjeu est aussi de pouvoir les associer afin que ces dernières puissent mettre leurs informations en commun.
Et demain, comment votre portail va évoluer ?
Outre la collecte de données, nous voulons adapter notre site aux normes W3C, c’est à dire coller au plus près du standard web. Le but est d’inscrire notre démarche au coeur du web de demain. Enfin, nous faisons beaucoup d’animation du territoire. Notre objectif est d’expliquer et former de futurs utilisateurs de données publiques. Le portail doit devenir un outil de co-construction de l’administration publique. C’est tout l’enjeu de l’open data.
Pourquoi avoir mis en place un référentiel de bonnes pratiques sur le portail data.locale ?
C’est une démarche qualité que nous avons mise en place afin de faciliter la réutilisation de données et améliorer le portail. Ce référentiel se divise en treize rubriques avec pour chacune trois niveaux de priorité. Pour chaque pratique, on retrouve une fiche détaillée qui propose un objectif, une solution et un critère de vérification d’application. De plus, il est possible d’avoir accès à un espace commentaire pour les utilisateurs, afin qu’ils puissent donner leur avis.
Au niveau national, pensez-vous que l’open data puisse s’inscrire durablement dans notre quotidien ?
Vous parlez à un convaincu, donc je vous réponds oui ! Évidemment, ça peut s’essouffler. Il y a une vieille tradition qui veut que l’information se doit d’être dissimulée. Mais au contraire, plus la donnée circule, plus elle prend de la valeur. Je pense que l’open data est un terreau qui peut être très fertile pour les collectivités. Grâce à ce nouveau mode nous pouvons acquérir de nouvelles connaissances et créer de nouveaux services adaptés.
Et comment toucher les citoyens à propos de l’open data ?
C’est vrai qu’aujourd’hui, les citoyens connaissent mal le sujet. En ce qui nous concerne, notre plateforme est pour le moment un peu technique car elle est avant tout conçue pour les ré-utilisateurs de données plus que pour les utilisateurs. L’objectif final est d’avoir une conception centrée pour ces derniers, avec des notions « grand public ». De plus, quand nous aurons plus de jeux de données, nous lancerons un processus de communication vers les citoyens pour les informer au sujet de l’open data.
- A lire également sur Innov’ in the City : “A Montpellier, nous voulons avoir une longueur d’avance”
- A Rennes, l’open-data s’ouvre désormais au grand public
- La plateforme bordelaise de consultation citoyenne
Pour en savoir plus, contactez-nous à l’adresse contact@innovcity.com
Crédit photo : Thomas Sanson / Ville de Bordeaux
Sur le même thème : Aquitaine, bordeaux, données, données publiques, open-data, ville numérique, Web








de LABACA | 20.02.12 à 23.06
Très bon exemple. Le triptyque CUB / Conseil Général de Gironde / Région Aquitaine fonctionne bien. Dans le domaine des transports et de la mobilité, déjà de nombreux exemples prometteurs. Affaire à suivre. Bravo.