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Mardi 21 mai 2013

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À nouvelles mobilités, nouvelle organisation des réseaux et modes de transport

Déplacement | 2 réactions

par Ludovic Bu | 30.03.12

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La question est simple : comment faire pour que nos concitoyens acceptent de passer de 85 % de leurs déplacements réalisés en voiture à une multitude d’autres moyens de transport, conjugués les uns aux autres ? Comment convaincre qu’on peut passer d’un outil qui répond à quasiment tous les besoins, étant calibré pour le plus important (le départ en vacances en famille avec valises) à une multitude de solutions, chacune répondant à un besoin particulier ?

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Ludovic Bu

Le constat amenant cette question est aisé : émissions de gaz à effet de serre, pollutions et nuisances, inégalités sociales, congestion des centres urbains sont désormais incontestables. L’action conjuguée de l’augmentation de la demande de mobilité et la multiplication des déplacements conduit à une impasse, les réseaux de transports, routiers et ferrés, étant de plus en plus saturés. Face à ces problématiques, la réponse largement constatée est l’augmentation de l’offre. Une recette qui ne fait qu’aggraver le problème…

A l’inverse, substituer une offre à une autre, voire moins bouger en permanence, constitue une réponse moins évidente mais plus efficace. D’ailleurs, une évolution en ce sens se fait sentir. Des besoins nouveaux ou désormais identifiés voient également le jour. Il s’agit donc de repenser les réseaux et modes de transports en fonction de ces objectifs et évolutions.

De nouveaux motifs de se déplacer pour des publics plus nombreux

L’une des tendances de ces vingt dernières années est l’augmentation majeure des déplacements consacrés aux loisirs et achats. Se rendre au travail ne représente plus que 35 % des trajets ! Ce changement fait écho à des évolutions sociétales : l’allongement de durée de la vie, la réduction du temps travaillé, l’augmentation du nombre de chômeurs expliquent que les déplacements non liés à l’activité professionnelle sont maintenant majoritaires. Dans les grandes métropoles, la plupart des réseaux de transports en commun saturent aux heures de pointe en semaine comme les week-ends !

On a aussi pris conscience que les personnes à mobilité réduite, les enfants, les seniors, ont également besoin de se déplacer, et qu’ils ne peuvent souvent pas le faire en conduisant.

La révolution numérique peut nous y aider !

L’arrivée de technologies, notamment 2.0, ouvre la possibilité d’organiser différemment les mobilités et peut favoriser, entre autres, le report de l’usage de la voiture vers d’autres modes. Les smartphones vont devenir l’instrument universel d’accessibilité et d’information, où on pourra trouver l’ensemble des solutions de déplacements en temps réel, leur facilité d’usage, leur tarif… Encore faut-il que les données soient le plus largement disponibles, de sorte à ce que chacun puisse construire sa solution personnalisée. Sur le web, on assiste également à la multiplication des locations de voitures entre particuliers, galvanisées par la confiance créée par les réseaux sociaux. Il en va de même pour le covoiturage. Des nouvelles pratiques qui pourraient bientôt concurrencer le train et l’avion !

Penser usage plutôt que possession

Si on se livre à une analyse fine, le seul véritable besoin est de pouvoir être mobile, quand on veut et où on veut. Cela ne signifie pas nécessairement « posséder une voiture ». Pour permettre aux voyageurs d’optimiser leurs déplacements, il faut leur offrir un véritable choix entre les moyens de transports. Ainsi, ils doivent pouvoir arbitrer entre plusieurs modes et passer aisément de l’un à l’autre. Il s’agit de mettre à la disposition des citoyens une offre composée de différents modes qui leur soit plus favorable en coût, confort et temps que chaque moyen séparé. La tendance n’est donc plus d’acheter des objets mais de payer pour la fonction qu’ils remplissent. Pour la voiture, le mouvement est plus lent, mais il prend peu à peu.

Mieux répartir l’espace en le partageant

La mobilité est aujourd’hui contrainte par les infrastructures existantes : l’usage massif de la voiture rend impossible la pratique des autres modes. Le vélo ou la marche deviennent un parcours du combattant ! En matière d’urbanisme, des choix stratégiques sont à faire. Il faut répartir l’espace public (occupé à 90 % par les routes) pour permettre à tous les moyens de déplacements de trouver leur place. Cela implique de rendre praticables les espaces piétonniers, agrandir les trottoirs, légitimer la place du vélo en ville ou diminuer les espaces consacrés au stationnement et en augmenter les tarifs. Cela passe également par un abaissement de la vitesse et de la dangerosité des plus puissants, pour permettre aux plus faibles de se sentir en sécurité et à l’aise, et donc d’oser se déplacer à vélo, à pied, en trottinette ou en fauteuil roulant. Cette dernière mesure, probablement la plus pertinente, nécessite des décisions politiques fortes, qui ralentiront le rythme de la société et permettront à chacun d’y vivre tranquillement.

  • Article co-signé par Ludovic Bu, coauteur de « Les transports, la planète et le citoyen » et spécialiste de la mobilité durable et Gaël Soreau, de moinvite.com.

Crédit photo : Angers Info

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Vos réactions

VIGILANT | 30.03.12 à 20.16

Excellent article !!! Tout reste à faire dans ce sens. Un véritable changement de mentalité doit s’instaurer au fur et à mesure par des expérimentations progressives.

david | 11.04.12 à 23.33

Un mode de transport innovant qui va vite chambouler nos habitudes. J’espère prochainement pouvoir l’expérimenter !

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