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Jeudi 24 juillet 2014

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Arles : les murs s’habillent d’un balisage urbain innovant

Culture | 3 réactions

par Elsa Sidawy | 11.04.12

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Début juillet, l’Arlésienne d’Alphonse Daudet sortira de son mutisme. Inspirés de son costume traditionnel, les nouveaux dispositifs lumineux de la ville d’Arles seront à la croisée des chemins entre tradition et modernité. Le projet « Sentiers Numériques », dans le cadre de Marseille-Provence 2013, est le nom donné à cette nouvelle forme de balisage urbain, qui alterne écrans futuristes plantés sur des compteurs électriques et tissus traditionnels éclairés grâce à la fibre optique.

Redonner un sens aux compteurs électriques
« Nous avons réuni toutes les parties prenantes, des habitants aux commerçants, en leur proposant différents scénarios pour élaborer un dispositif qui ne fait que réinventer l’existant », souligne Philippe Schiepan, directeur de l’agence VIDE (VIbrant Design) qui a créé et réalisé les Sentiers numériques pour la ville d’Arles. L’objectif ? « Faire en sorte qu’on ressente battre le cœur de la ville ». Ce brainstorming a permis d’imaginer deux dispositifs orignaux. Le premier : un balisage en hauteur appelé « Ribandelle », accroché à l’éclairage public existant. Ces rubans qui flotteront dans les rues de la ville, reprennent la forme du motif traditionnel, mais sont tissés en fibre optique, permettant la diffusion de la lumière à l’intérieur du tissu. Déclinés en différentes couleurs, ces rubans constitueront autant de parcours thématiques à travers la ville, comme le parcours patrimoine pour redécouvrir cette ville inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, ou le parcours shopping pour donner aux visiteurs et habitants l’envie de pousser les portes des commerces de tradition…

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Tabaluz

En second lieu, les « Tabaluz » sont des tablettes lumineuses innovantes qui habilleront les façades de la ville en étant disposées sur les coffrets électriques blafards d’ERDF. L’agence a ainsi imaginé la refonte de ce mobilier urbain, en accord avec le distributeur d’électricité. Leur finalité ? Se transformer en bornes d’informations pour diffuser notamment des informations locales. Le passant pourra y lire des informations et s’il le souhaite, approfondir en scannant un flashcode à l’aide de son téléphone pour accéder à des informations en ligne. « Nous avons complètement retravaillé ce compteur pour en faire un système d’affichage assez basique puisque seule la porte est équipée d’un système de rétro-éclairage, qui peut être changé à la demande ». Au-delà de la diffusion d’informations locales, cette borne démultiplie par ailleurs les possibilités en terme de communication urbaine : « l’information peut être ludique et pédagogique, elle peut même permettre d’informer sur la présence de défibrillateurs à proximité en cas d’urgence ». Alimentés par des LED de 3 watts, ces dispositifs consomment peu d’énergie et pourraient même être équipés de capteurs et être reliés en réseau pour permettre, par exemple, à l’éclairage public de s’adapter en fonction de la luminosité ambiante ou de la présence de piétons. Dommage que la ville n’ai pas profité de l’occasion pour revoir l’ensemble de ses points lumineux. Au total, la ville sera traversée de cinq parcours, soit quelques 500 points lumineux.

Un nouveau média urbain citoyen

Pour le chef d’orchestre de ce projet, le dispositif dépasse l’événement et a été pensé pour être pérennisé : « il s’agit d’un média urbain citoyen, d’un affichage d’ultra-proximité qui ouvre autant de passerelles vers le monde virtuel via smartphone ou tablette ». Au-delà de l’aspect ludique et participatif, Philippe Schiepan va jusqu’à prôner la dépollution visuelle d’Arles : ces écrans, contrairement à des écrans de typé télévision, diffusent des images fixes et monochromes et « transforment une matière morte en une matière vivante ». Ils constituent aussi des outils ayant des fonctions permettant de « déporter un affichage de type commercial sur des interfaces personnelles » et ainsi de ne pas inonder la ville d’affichage publicitaire.

En fonction des résultats de l’expérimentation in situ des premiers rubans et bornes en juillet, l’agence envisage de déployer le dispositif sur plusieurs dizaines voire centaines de villes « qui ont quelque chose à dire à leurs habitants et à leurs visiteurs ». Ambitieux. Il faudra attendre le début de l’été pour voir enfin la discrète Arlésienne sortir ses habits de lumière.

une-sentiers-numeriques-arles-120410En savoir plus :

  • Projet labellisé Marseille-Provence 2013
  • Soutien de la région PACA et de l’Europe dans le cadre du PacaLabs
  • Coût de la phase de développement : 500 000 euro
  • Coût estimé d’installation et de maintenance (annuel) : entre 150 et 200 000 euros (hors coûts d’infrastructures supportés par les collectivités concernées)
  • Les « Sentiers Numériques » ont été retenus dans le cadre de l’appel à projets 2012 « Services culturels innovants » du Ministère de la Culture.

http://www.vimeo.com/38160436

Pour en savoir plus sur l’innovation présentée dans cet article, contactez-nous à l’adresse contact@innovcity.com

Crédits photos : Les Sentiers Numériques

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Vos réactions

david | 11.04.12 à 23.32

Un projet innovant qui va dans le sens des économies d’énergies.
Très encourageant de la part de la ville d’Arles !

Nat | 20.04.12 à 11.37

C’est très joli, très cher, très vulnérable et sujet aux premières rafales de mistral, mais encore, peu efficace en terme de signalétique. En revanche, la dépense publique est scandaleuse et n’aidera pas l’économie locale ou très peu… Rien d’étonnant venu de la belle arlésienne qui fait toujours selon son narcissisme au détriment du bien public. Drôles de cocos !

Marie Carbonnel | 24.04.12 à 10.00

Bonjour Nathalie,
Au nom de toute l’équipe des Sentiers numériques, je serai ravie d’apaiser vos craintes et réticences sur le passage à l’aménagement urbain numérique de la ville d’Arles en vous invitant à découvrir in situ le projet. Designers, ingénieurs, entreprises locales, groupements de commerçants, acteurs culturels, festivals, élus, comité des fêtes, partenaires privés et publics ont unis leur savoir-faire autour de ce projet qui sera déployé à partir du 2 juillet 2012. N’hésitez pas à me faire signe ! A très vite

Partagez, réagissez, complétez, polémiquez ! Avec respect...

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