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Lundi 1 septembre 2014

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La jungle des applications transport pour smartphones freine leur essor

Déplacement | 2 réactions

par Elsa Sidawy | 28.01.13

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Vingt-sept pourcents début 2011, trente-huit en fin d’année. Le taux de Français équipés de smartphones ne cesse de grimper. Le secteur ne connaît pas la crise : chaque jour plusieurs centaines d’applications fleurissent sur les plateformes de téléchargement, particulièrement dans le domaine du divertissement et de la mobilité. De quoi faire tourner la tête des utilisateurs qui n’ont aujourd’hui pour seul choix que de trouver eux-mêmes celles qui correspondent à leurs besoins concrets de déplacements. Résultat : un usage encore timide, malgré une tendance à la hausse.

>> Un dossier publié dans le numéro du 26 décembre du magazine bi-mensuel Ville, Rail et Transports.

L’absence d’application multimodale explique en partie un usage faible
Le cabinet d’études et de prospective sur les mobilités Chronos, dévoilait début 2011 dans son étude « Auto-Mobilités » que seuls 2 % des usagers avaient recours à leurs smartphones pour préparer leurs déplacements quotidiens, mais accordaient un crédit d’avenir de 61 % à cet usage. « Les applications mobiles ont un crédit d’avenir fort, le besoin semble être là même si pour le moment elles ne sont pas jugées assez pertinentes et pratiques par les usagers », détaille Léa Marzloff, consultante chez Chronos. Malgré tout, la tendance est clairement en hausse : « les applications augmentent et la situation se contraint donc le taux d’usage devrait augmenter », prédit Gabriel Plassat, ingénieur au département transport et mobilités de l’ADEME et rédacteur du blog Les Transports du Futur.
Qu’est-ce qui freine aujourd’hui le recours massif à ces téléphones intelligents comme aides à la mobilité ? En grande partie, le cloisonnement et la démultiplication des applications. Si l’une sera parfaite pour dénicher un vélo en libre service, le « mobinaute » n’aura d’autre choix que d’en télécharger une voire deux autres pour connaître l’état du trafic et opter entre le bus ou une voiture en libre-service. Résultat ? Un manque de fluidité qui « complique la tâche des utilisateurs », estime Christine Raynard, chargée de mission transports au Centre d’analyse stratégique. « Cette situation est représentative du cloisonnement historique que l’on connaît depuis toujours dans les transports et de l’absence d’intégrateurs qui renversent tout et se mettent à la place de l’usager », constate pour sa part Gabriel Plassat. Malgré tout, la France serait dans la moyenne mondiale.

Dans le domaine du transport, la multiplicité des problématiques entraine donc un foisonnement de réponses et autant d’acteurs, de développeurs qui mettent au point des applications parfois innovantes mais souvent redondantes. Les concours d’applications en sont l’exemple le plus frappant : fin 2011, le concours initié par la MTA (Metropolitan Transportation Authorithy) de New York, a donné naissance à une cinquantaine d’applications dédiées au transport. Plus récemment, dans le cadre des « Hack Days » lancés par Transilien suite à l’ouverture de ses données, 2 000 idées ont été soumises. Sans oublier le concours d’applications du réseau STAR de Rennes en 2010, pionnier en la matière, également à l’origine d’une cinquantaine d’applications qui n’ont semble-t-il pas toutes obtenu le succès populaire escompté. « Une dizaine seulement sont mises en avant sur leur site mais il manque quelque chose à chacune d’entre elles et surtout la STAR n’a même pas pris le soin de développer la sienne », déplore Aymeric Gillaizeau, expert pour la FNAUT (Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports) des questions sur la mobilité et le numérique.

La véritable vertu de cette course à l’application ? Pouvoir répondre à chaque besoin concret : accessibilité (Jaccede Mobile), positionnement dans la rame de métro pour optimiser sa correspondance (Pariscilasortie), calcul de l’accessibilité piétonnière d’un quartier (Walkscore), stationnement en temps réel… A chacun ensuite de faire son marché, les moteurs de recherche pertinents n’existant pas dans le domaine, à part des tentatives encore peu convaincantes, comme le portail Proxima Mobile qui labellise et référence uniquement les applications mobiles subventionnées par la Délégation aux Usages de l’Internet ou ParisApps qui référence et note les applications utiles aux Parisiens. Le plus complet aujourd’hui est encore Passim+, développé par le ministère des Transports depuis 2004.  Pour Léa Marzloff, comme « il existe des besoins extrêmement spécifiques, les usagers testent et choisissent donc eux-mêmes des applications qu’ils mettent en musique de façon personnalisée ».

Ouverture des données : le facteur clé

En toile de fond, le sujet brûlant de l’open data, qui ouvrirait la voie à des applications transports incluant des données temps réel, est sur toutes les lèvres. Les deux grands opérateurs français, Keolis et Veolia Transdev se disent prêts à aider les collectivités à se lancer dans l’open data, mais sans avoir à ouvrir leur porte-monnaie. « Nous sommes complètement ouverts au partage de la donnée, notre réseau de Rennes a été précurseur. Mais nous sommes bloqués par ces territoires de compétences liés à nos contrats », déplore Sofia Escamilla, chef de projets accessibilité et qualité chez Keolis. Du côté de Veolia Transdev, le discours est sensiblement le même : « nous avons une position claire sur ce sujet pour encourager les villes à ouvrir les données et nous nous positionnons pour les accompagner dans cette démarche. Nous aimerions que cette position soit plus largement partagée par des groupes comme la RATP, la SNCF ou JC Decaux », tranche Géraud Boursin, directeur des Services Numériques de Veolia Transdev.
Outre la facilitation du calcul d’itinéraires, une ouverture massive de la donnée transport permettrait de proposer des applications réellement multimodales, voire intermodales. Dans ce domaine, les premiers grands projets voient à peine le jour. La SNCF s’est par exemple lancée avec Mytripset, un calculateur multimodal européen, actuellement accessible en version beta, sélectionné par la Commission Européenne dans le cadre de son premier challenge « Smart Mobility ». Mais le projet à ce jour le plus emblématique et le plus ambitieux reste tout de même Optimod’ Lyon qui promet aux usagers une application multimodale permettant d’avoir accès à l’ensemble des données transports terrestres pour calculer des itinéraires en temps réel et prédictifs en fonction du trafic. « Un projet pionnier dans le monde », considère Gabriel Plassat.

Chez nos voisins, l’organisation des transports semble plus propice au développement d’applications réellement multimodales. « Au lieu d’avoir cinquante AOT différentes, les Allemands ont créé des zones de tarification où sont proposés des services qui concernent tous les usagers, indépendamment du transporteur. En Angleterre, le service est encore meilleur puisqu’il est national : je peux ainsi faire un calcul complet de mon itinéraire de Bristol à Edimbourg », rappelle Aymeric Gillaizeau.

(…)

> Lire la suite de l’article et Consulter l’ensemble du dossier sur Ville, Rail et Transports

Crédit photo : CUS de Strasbourg

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Vos réactions

chmillot | 5.03.13 à 12.01

Un vrai sujet effectivement.
Je ne suis pas certain que nos chers voisins soient à montrer en exemple dans ce domaine de service public, pour autant, le message est assez clair et j’y souscris.
Ouverture massive des données dites vous ? Pourquoi pas mais alors et simultanément, harmonisation des formats et des licences pour ne citer que ces deux points. Une paille en sommes !
La donnée ouverte ne fait pas l’application encore moins quand il s’agit de croiser ces données parfois aussi complexes dans leurs interprétations techniques mais avant tout quant aux usages qu’elles devront adresser. Penser qu’une application de transport collectif multimodale puisse être conçue par un bidouilleur même de génie sans le soutient et l’accompagnement des hommes et femmes de l’art est totalement illusoire.
Au delà des labels et qualifications de circonstances c’est l’écosystème d’intérêts partagés qui me semble faire défaut. Je devine les difficultés mais reste persuadé que ces organisations sont possibles. J’espère que Rennes, une nouvelle fois, saura relever ce défi…

VASSE | 19.06.13 à 14.35

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